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  • BUTTER LES BLAIREAUX JUSQUE DANS LEURS CHIOTTES!*

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    Comme l’on sait peut-être, il y a blaireau et blaireau. Ne pas confondre notre prodigieux animal - un assez bon imitateur de l’ours, non ? - et ces innombrables imbéciles, vulgaires et souvent méchants, qui hantent les chemins du paradis. L’argot, que je vénère pourtant, a donné aux sombres connards le nom même du croqueur de lombrics et d’escargots. Bah, il faut bien s’en accommoder. En revanche, rien ne nous oblige à supporter l’arrêté que vient de m’envoyer Joelle, et qui me foudroie sur place. Je résume : le préfet de la Côte d’Or vient de faire un cadeau insupportable aux chasseurs du département. Lesquels ont le droit depuis le 4 mars, et jusqu’au troisième dimanche de septembre, de buter autant de blaireaux qu’ils le pourront dans une vaste zone du département incluant dix cantons, dont Pouilly-en-Auxois.

    Quelle est la raison de cet arrêté ? Excellente. Il s’agit de limiter la propagation de la tuberculose bovine, dont les blaireaux seraient les vecteurs. Je ne me suis pas transformé en médecin-chef vétérinaire, pas encore, mais je peux en préambule vous dire une chose simple, m’appuyant sur un savoir reconnu. Ce qui suit est extrait d’un article indiscuté paru dans la revue Epidémiologie et santé animale (50, 127-143) en 2006, sous la signature de quatre spécialistes de l’Afssa et de l’École nationale vétérinaire d’Alfort. Voici : « Le plan de lutte collective contre la tuberculose bovine, véritablement commencée en 1954 après une phase infructueuse de prophylaxie libre et individuelle à partir de 1933, a abouti en 2001 à la reconnaissance de l’état indemne de la France par l’Union européenne : d’un taux d’environ 25 à 30% des élevages infectés au début, notre pays est passé à quelques (petites) dizaines de foyers résiduels aujourd’hui. Le succès est incontestable ».

    Il est possible que le préfet de la Côte d’Or dispose d’autres informations, mais ce serait alors le moment de les rendre publiques, car pour les blaireaux - les beaux, les vrais -, le temps est désormais précieux. 2 000 auraient déjà été massacrés dans le cadre de ce qu’il faut bien appeler un plan d’éradication. Laissons de côté, par commodité, le débat sur la tuberculose bovine, que je ne saurais d’ailleurs mener sérieusement. Laissons, et concentrons-nous sur l’arrêté-scélérat. Oui, il y a des lois scélérates et des arrêtés-scélérats. Celui-là restera. Il restera, car sous couvert de prophylaxie, comme si souvent par le passé, il exprime à mes yeux une haine profonde de l’animal. Vous jugerez par vous-même, car j’ai placé l’intégralité de l’arrêté dans la partie Commentaires, où vous pourrez le lire.

    Je n’ai pas le temps d’un traité, mais les considérants sont bel et bien de nature fantastique. Son auteur - gloire, gloire ! - ne sait pas très bien ce qu’il doit avancer. Le tout est d’une confusion rare. On ne sait pas si l’on veut parler de dépistage - évoqué pour les sangliers et les cerfs - ou d’abattage, ce qui n’est pas tout à fait la même chose lorsqu’on est un blaireau de la Côte d’Or. On ne donne presque aucun chiffre précis, qui aurait permis d’avoir une idée sur l’éventuelle progression d’une éventuelle épidémie. Exemple : combien de cas de tuberculose bovine depuis 2002 ? Mystère. Exemple : combien de cas de tuberculose découverts dans la faune sauvage depuis 2002 ? Mystère. Malgré l’absence de toute mise en perspective, il apparaît pourtant indispensable de « prévenir la circulation de la tuberculose au sein de la population animale sauvage ». Et l’on termine en beauté par une vulgaire pétition de foi qui ne se peut déduire, logiquement, de ce qui précède : « Pour arriver à prévenir cette circulation, il convient de diminuer les populations de blaireaux ».

    Roule ma poule, et prépare mon bazooka. Par un simple assemblage de phrases disjointes, comme le seraient les planches d’un meuble de guingois, une autorité administrative donne ainsi le droit de tuer des êtres vivants par milliers. Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais moi, je place très bas la signature d’un haut-fonctionnaire, capable de toutes les contorsions, de toutes les manipulations, même pis. Je préfère ne pas y insister. Quoi qu’il en soit, la fédération de chasse du département est donc à la noce depuis le 4 mars, et pour elle, rien de trop beau. Fromage et dessert. Carnage et fun. Mais voyons ensemble.

    D’abord le ton, militaire et glacial : « Des opérations d’élimination de blaireaux sont ordonnées ». Ou encore : « Les animaux prélevés seront placés dans des sacs étiquetés et numérotés ». Ensuite, les armes. En dehors des missiles Exocet, je ne vois guère ce qui serait oublié. On a le droit, outre les barbares techniques de déterrage jusqu’au fond du terrier de la bête, d’utiliser des colliers à arrêtoir - « y compris en gueule de terrier » - que l’on placera dans les coulées où se faufile le blaireau. Les tirs de nuit, « y compris avec des sources lumineuses », sont aimablement offerts pour le même prix. Enfin, la rédaction follement laxiste dans la forme est comme un message subliminal adressé aux tueurs.

    On n’est pas obligé de me suivre, mais je juge ce dernier point évident. On entend que les chasseurs tuent en masse, se défoulent et soient heureux de réduire en pâtée d’admirables animaux qui ne demandaient qu’à vivre. Je ne prendrai que deux derniers exemples. Le premier, qui vaut son pesant de cynisme : « Ces opérations devront prioritairement être mises en œuvre à proximité des parcelles où pâturent les bovins des cheptels infectés par la tuberculose bovine et des zones où ont été détectés des sangliers reconnus infectés par l’agent de cette maladie ». Vous remarquerez par vous-même le sens véritable de cette phrase. Pour la frime, on prétend donner une « priorité » à quelques parcelles, mais chacun sait, le rédacteur du texte en premier, que ce ne sera que mise en bouche meurtrière. Quand la lourde colonne des 4X4 et des bedaines sera lancée, elle poursuivra son chemin jusqu’au bout.

    D’ailleurs, faut-il continuer d’argumenter ? Lisez avec moi ce laisser-passer, ce laisser-tuer en bonne et due forme : « La déclaration de piégeage en mairie ainsi que le compte rendu annuel des prises ne sont pas nécessaires ». Un seul mot d’ordre, car c’est en effet un ordre : mort au blaireau. On voudrait habiter ailleurs, avec d’autres que ceux-là.

    (*) En 1999, Vladimir Poutine déclarait qu’il fallait « buter les Tchétchènes jusque dans les chiottes »

  • La saleté avance, à quand le grand ménage???

     

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    La racaille des talus s'impatientait; elle trépignait, surtout sa partie la plus réactionnaire, véritable lèpre aristocratique, les chasseurs veneurs. C'était bien la peine d'avoir des amis placés au gouvernement, c'était bien la peine d'avoir des commissions parlementaires dédiées, c'était bien la peine d'avoir une secrétaire d'Etat acquise à l'ultra chasse, ça n'allait pas assez vite. Thierry Coste se démenait, Pierre de Boisguilbert se multipliait pour sauver sa 'chasse écologique', rien n'y faisait.

    Et le décret tant attendu fut publié au Journal Officiel le 04 juin 2010 ! Les assassins de la nature, les sadiques en livrée pouvaient sabler le champagne et autoriser les gueux à participer à la fête.
    Le décret n° 2010-603 créant une contravention pour obstruction à un acte de chasse était né.
    Ainsi, à la sous-section 3 de la section 1 du chapitre VIII du titre II du livre IV du code de l'environnement (partie réglementaire), il est ajouté un paragraphe 5 ainsi rédigé :

    "Art. R. 428-12-1.-Est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe le fait, par des actes d'obstruction concertés, d'empêcher le déroulement d'un ou plusieurs actes de chasse tels que définis à l'article L. 420-3."

    Voici le communiqué du RAC .

    "Le 4 juin, est créé une nouvelle infraction : l'obstruction à la chasse (contravention punissable d'une amende de 1500 €).

    Cette infraction, signée par le ministre de l'Ecologie, n'avait pu passer à l'Assemblée nationale voici deux ans (abrogation de l'article 12 de la loi Poniatowski). Elle revient donc sous forme de décret, suite à l'insistance des chasseurs.

    Deux jours avant sa publication, la Fédération Nationale des Chasseurs avait publié un communiqué de presse, dans lequel elle déplorait que "malgré des propos encourageants tenus au cours de son Assemblée Générale en Mars 2009", le "décret contre les saboteurs de chasse, promis de longue date n’est toujours pas publié !".

    Les opposants à la chasse à courre rappellent que 73 % des Français condamnent la chasse à courre (sondage Sofres/Fondation Brigitte Bardot 2005).

    L’infraction étant impossible à constituer, ce "décret de complaisance" sera inapplicable, selon les associations concernées, dont l'association Droits des animaux.

    Toutefois, si un opposant était condamné pour "obstruction à la chasse", elles préviennent qu’une procédure serait immédiatement engagée pour faire condamner ce décret par la Cour Européenne des Droits de l'Homme."


    Texte piqué à Hervé, qui ne m'en voudra sans doute pas, j'espére!

    http://taomugaia.canalblog.com/

     

     

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    Mieux vaut être chasseur que travailleur


    Le Gouvernement n'a rien trouvé de mieux que de publier un décret(n°2010-603
    du 4 juin 2010, publié au JO du 6 juin), co-signé par
    les ministres Jean-Louis Borloo et Michèle Alliot-Marie, créant une
    contravention pour « obstruction à un acte de chasse » à hauteur
    de 1.500 euros.
    Le droit de chasse est-il à ce point une liberté fondamentale qu'il faille à
    ce point le protéger de toute « obstruction »?
    Ce décret vise notamment à sanctionner les groupes de militants écologistes
    qui s'opposent physiquement à la chasse à cour et au
    scandaleux droit de suite, qui n'est que la continuation des privilèges de
    la noblesse d'Ancien Régime sur les manants et qui a
    échappé à la Nuit du 4 août.
    Il faut aussi rappeler qu'actuellement, il est impossible pour les
    particuliers de s'opposer à l'envahissement de leur terrain par
    des chasseurs poursuivant du gibier. Ce décret revient donc à transformer
    les victimes en contrevenants et à garantir l'impunité des
    chasseurs. Ce sont pourtant plus de 20 décès pour cause d'accidents de
    chasse qui sont recensés chaque année.
    On aimerait que le Gouvernement fasse d'au moins autant de diligence pour
    chasser d'autres contrevenants aux lois, notamment dans le
    domaine du droit du travail et des droits sociaux.
    Entre les droits des chasseurs et ceux des travailleurs, le Gouvernement a
    fait ses choix.


    Martine BILLARD
    Députée de Paris - groupe GDR Le 8 juin 2010