04 novembre 2009

où va-t-on?

 

 

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Etrange de lire ce que je pense depuis quelques jours à la lecture de tous ces mails...
La démographie...certes oui... voilà un débat difficile... Et si je vous disais qu'un élève, lors d'un cours d'économie m'a sorti tout de go "que nous étions trop nombreux sur la planète et qu'il fallait faire quelque chose car sinon bientôt il n'y aurait plus assez à manger pour tout le monde ou alors qu'il faudrait aller piquer les territoires des autres..." (les jeunes réfléchissent aussi...). Sa solution : ne faire qu'un enfant par famille ! Ben tiens !
Pour en revenir aux espèces envahissantes, chacun y voit son propre compte et d'autres le compte de tout le monde. Je me dis quant à moi que vu l'évolution de notre planète, du climat, des transports internationaux, des déplacements de tous, il est absolument inéluctable que les espèces elles-aussi voyagent, se déplacent, volontairement ou non...
Considérant l'évolution de notre humanité... devrions-nous considérer que les humains "importés" de pays exotiques sont devenus aujourd'hui des espèces envahissantes ? Pourquoi le faire alors que d'autres espèces vivantes non-humaines ?
Il me semblait avoir compris que seuls les plus forts restaient, ceci étant valable pour toutes espèces confondues... On peut donc supposer que malheureusement, certaines espèces, incapables de s'adapter sont vouées à disparaître, que d'autres plus opportunistes vont se développer, et que d'autres évolueront, de nouvelles sans doute apparaîtront... N'est ce pas ainsi que le monde évolue depuis l'aube des temps ?
Pourquoi et comment des espèces si on détruit consciencieusement leurs territoires ? On ne peut plus revenir en arrière. Je suis - hélas - très pessimiste la-dessus.
J'ai rencontré l'an passé, un "chasseur naturaliste" qui m'a décrété souverainement que s'il lui "fallait exterminer les ibis sacrés en Vendée pour sauver les sternes, il n'hésiterait pas à canarder"....
J'ai longuement réfléchi à cela et malheureusement n'ai pas trouvé d'heureuse solution, mais je pense que "tout cela est fort dommage et que je préfère un espace habité, même par une forme étrangère" à un espace désert", en me demandant toutefois si éradiquant la forme étrangère, je permettrais à la forme autochtone de revenir...."
Dans mon coin, L'écureuil roux est en train de disparaître  sans qu'on trouve une explication rationnelle...
Enfin...ceux que je croise - de plus en plus rarement - sont écrasés sur le bord de la route...Les noisetiers envahissants sont coupés, les hêtres ont été abattus,pas de chênes...il reste une vaste peupleraie, quelques merisiers et pas mal de bouleaux. Je ne suis pas certaine que ceux-là suffisent à le nourrir... Tout le monde remarque cette progressive disparition, comme celles des hérissons, des hirondelles...mais tout le monde s'en fout.... En ce moment, les renards, les corbeaux, les pigeons, les blaireaux, les fouines, les cormorans, les goélands...n'ont pas la côte...Les oies, les canards (certains...) les cygnes posent problèmes...
Ah ! ce monde est fou et il y a des sujets qui fachent... Mon mari quant à lui est définitivement contre la renouée et les orties ! (soupir)
Quant à moi je vais continuer de faire ce que je peux...
Et merci pour cet échange riche et intelligent.
Bien cordialement

L'oiseau est à ma vie ce que l'eau est à la terre : rare, précieux,
essentiel, vital. Danielle Leleu
http://fr.groups.yahoo.com/group/jardinrefuge/join

http://www.dailymot ion.com/video/ xazt0k_bouddhism e-mathieu- ricard-discussio _news


01 novembre 2009

Ainsi meurent les albatros..

Géocide : ainsi meurent les albatros
Ces photos de cadavres d’albatros dont l’estomac était rempli de déchets plastiques, nous dit leur auteur Chris Jordan, ont été prises sur les plages de Midway, au cœur du pacifique. M. Jordan précise qu’aucun débris n’a été déplacé lors de ces clichés, et bien que nous n’ayons aucun moyen de vérifier cette assertion, elle nous a semblé crédible. --- Ces goélettes des mers du sud font évidemment partie du bestiaire intime de chacun, prolongeant les légendes anciennes au travers desquelles l’homme a construit et dégagé peu à peu sa relation au monde. Nous autres, modernes, nous estimons bien sûr indemnes de ces révérences et rituels primitifs, considérés comme autant d’irrationnelles offrandes propriatoires, censées calmer les inquiétudes devant un monde indéchiffrable, et nous nous en réjouissons. Pourtant, à l’évidence, ces images rappellent l’urgence de ce questionnement trop vite jugé dépourvu de sens. Quel est notre rapport au monde animal, c’est-à-dire à la vie ? Aujourd’hui, notre liberté de pensée, si chèrement acquise, risque de s’anesthésier si elle se contente - comme l’entertainment qui a remplacé la culture nous y invite - d’une mise en abîme esthétique, fût-elle morbide, de notre place dans le monde, comme d’aucuns pourraient être tentés de le faire à la vue de ces images. Nous pouvons, nous pourrions... Mais nous allons devoir choisir.

Extrait de Contre Info.

 

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24 octobre 2009

Le végétarisme est un sport de combat


Le végétarisme est un sport de combat


A la suite de notre article sur le livre de Fabrice Nicolino, cette riveraine s'est sentie gênée par la présentation qui était faite des militants de la cause animale. Nous lui avons demandé son témoignage. Pour elle, devenir végétarien n'a rien d'extrémiste. Elle nous raconte sa démarche.

Devenir végétarienne n'a pas été le résultat d'une réflexion sur la cause animale. Certes j'y pensais… parfois. Mais j'avais réussi à dissocier les « gentils animaux » de leurs muscles, soigneusement empaquetés au rayon frais. Cette séparation entre l'animal vivant et sa chair a pris fin lors d'une visite au salon de l'agriculture. Je flânais, quand j'ai vu un agneau apeuré se réfugier auprès de sa mère, qui entreprit de le câliner.

Subitement, j'ai réalisé qu'en mangeant des côtelettes le midi, je tuais des êtres sensibles. Or, je pouvais éprouver de la sympathie envers ces animaux, comprendre une partie de leurs sentiments, de leurs liens. Je vivais déjà cela avec « mes animaux de compagnie » (dont la sensibilité va selon moi bien au-delà d'une projection anthropomorphique de notre part). Mais, pour pouvoir manger tranquillement, j'avais choisi d'être aveugle à cet aspect de la vie des « animaux de boucherie ».

Dès cet instant, je n'ai plus pu en manger.

Ce n'est pas manger « que des légumes »

Pourtant je ne me rendais pas tellement compte de ce que ça allait changer. J'avais peur que ma santé n'en pâtisse. J'ai lu. Visiblement, le besoin de l'organisme en produits carnés n'est pas si impérieux. J'ai appris qu'une alimentation végétarienne était variée et contenait, en plus des légumes, toutes les céréales, les algues, les légumineuses, le soja, et les œufs et les laitages (puisque je n'avais pas décidé d'être végétalienne).

Paradoxalement, en cessant de consommer viande et poisson, j'ai découvert tous ces aliments que je ne mangeais pas. J'étais sortie de ma routine culinaire.

Il restait à trouver comment cuisiner ces nouveaux ingrédients : la cuisine française traite souvent les légumes et les céréales comme de simples accompagnements (je mange depuis très mal quand je me hasarde dans certains restaurants gastronomiques). En rester là aurait rendu mes repas insipides. J'ai donc dû réapprendre à cuisiner. Je me suis tournée vers d'autres traditions culinaires, davantage d'épices, de fines herbes, d'autres méthodes. La cuisine végétarienne s'est avérée saine et délicieuse.

Devenir « marginale »

Mais je n'avais pas pensé à tout. Mon choix étant strictement personnel, je considérais qu'il ne regardait que moi : grossière erreur et grosse claque ! Dans les premiers moments où je me sentais fragile, quand je ne savais pas si j'allais « tenir », tout a été fait pour me dissuader. Mon caractère n'est ni très contestataire ni très militant. Et là, je rentrais dans la marge.

J'ai alors eu droit à tous les commentaires : les plus éculés « et le cri de la carotte ? », les plus stupides « tu préfères les animaux aux humains ! », les plus diététiques « tu verras quand tu seras malade », les plus naturalistes « un homme, ça mange de la viande », les plus politiques « le végétarisme est une alimentation bourgeoise »…

La réaction a été violente, avec comme devise implicite : « Renoncer à la viande, c'est renoncer à la grandeur de la vie. »

Les sites de végétariens, dénichés pour leurs recettes culinaires et cosmétiques, ont servi d'exutoire. J'y partageais les remarques et rejets subis. J'ai rencontré du soutien chez des gens dont je n'en attendais aucun, et une incompréhension totale dans des milieux qui se disent les plus tolérants.

Ma critique muette gênait, les représentations étaient trop ancrées. Pourtant, j'ai trouvé depuis beaucoup d'arguments confortant mon choix, peu en sa défaveur. L'argument naturaliste se veut sans appel. Or, je ne vois pas en quoi l'alimentation serait un domaine sur lequel l'homme ne pourrait faire porter sa réflexion et choisir sa conduite. Nous étions de grands singes tropicaux, notre nature a donc déjà été profondément remodelée.

Tourner les végétariens en dérision, c'est plus simple

Par contre, les arguments en faveur du végétarisme (ou au minimum d'une forte réduction de notre consommation de viande) sont très forts. Les conditions d'élevage industriel, qui permettent une telle orgie, sont insoutenables. Et en voulant à toute force manger tant de viande, on les rend nécessaires. Il faut conclure que « les poussins broyés vivants, c'est dur, mais on ne peut l'éviter ». Le nombre d'animaux abattus est terrifiant.

La pollution générée par l'élevage est considérable au niveau local (les nitrates) et global (14 à 18% des gaz à effet de serre). La quantité de céréales, et donc de terres, nécessaire à l'entretien de ce cheptel est astronomique. Les mers se vident de certaines espèces… Pourtant, nous fermons les yeux. Et c'est peut être pour cela qu'il est important de tourner les végétariens en dérision.

Aujourd'hui, l'étiquette végétarienne est bien collée sur mon front. Les gens que je connaissais l'ont admise, ceux que je rencontre l'intègrent à mon identité. Je suis de plus en plus sûre de mon choix, et de plus en plus peinée de voir qu'il n'est pas plus répandu.

Mais j'ai aussi conscience de faire bien peu en ne modifiant que mon comportement individuel. Alors que les militants pour la cause animale, si souvent dénigrés et moqués, travaillent concrètement pour changer les choses, et se battent pour des valeurs importantes même si marginales. Importantes parce que tellement marginales.