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  • NON A L'ESCLAVAGE ANIMAL DANS LES CIRQUES


    17d196a0784e6c4fea8035c24e9dffbc.jpgL'animal dans un cirque est contraint de survivre dans un milieu parfaitement inadapté à sa nature. L'exiguïté des cages, l'impossibilité de fuir, de former un groupe social équilibré et de développer une panoplie de comportements propres à son espèce, sont autant de facteurs de souffrances qui lui rendent l'existence particulièrement pénible.

    À cette captivité forcée, s'ajoute la soumission à un dressage, le plus souvent violent, qui, en tout état de cause, nie la nature de l'animal. Il s'agit, en effet, de faire "plier" l'animal afin de le forcer à adopter une posture ou un comportement auquel il répugne puisque contraire à sa nature. Ce dressage repose sur une technique diaboliquement simple et efficace : la douleur infligée par le dresseur en cas de refus de l'animal doit être plus intense que la douleur ressentie par celui-ci lors des numéros qui l'avilissent. L'éléphant, l'ours ou le chimpanzé se résigne à faire ce que l'homme lui impose, par peur d'une douleur plus intense, celle née des coups. Ainsi, les instruments telle que la pique ou ankus’employée pour soumettre les éléphants, sont-ils constamment utilisés afin de rappeler à l'animal les représailles violentes et douloureuses encourues en cas de refus de s'exécuter. 

    Les réactions de l'animal, face à ces conditions de détention et de coercition, sont principalement :

    •- La résignation dans la folie : L'animal sombre dans un état dépressif, amorphe et présente des troubles du comportement tels le léchage des parois de sa cage (primates, fauves…), le balancement d'une patte sur l'autre (éléphants, hippopotames…), les allers-retours incessants (félins), dodelinement de la tête (éléphants, ours…), les automutilations (primates, perroquets), etc…

    •- La fuite : lions (Bas-Rhin, 2000 –- Lyon, 2001 - Marseille, 2002), hippopotames (Ile de France, 2000 - Somme, 2004), macaque (Bouches-du-Rhône, 1999), éléphants (Lyon, 2000), tigres (Paris, 1999 - Nantes, 2000), etc…

    •- L'attaque et l'agressivité extrême à l'égard des humains : ours (Paris, 1998 - Lyon, 1998), tigres (Strasbourg, 1997 –- Toulouse, 2003), chimpanzé (Gironde, 2004), éléphants (Béziers, 1964 - Paris, 2001 - Sorgues, 2006), etc…
     

    Un système pervers

    Bien que contraire à l'équilibre biologique de l'animal, ainsi qu'en témoignent ces troubles du comportement, la détention est autorisée en France sous réserve d'obtention d'une autorisation administrative dénommée ‘"Certificat de capacité".

    Ce certificat reconnaît la compétence de son possesseur à "assurer la responsabilité de l'entretien d'espèce d'animaux non domestiques".  Pour autant, la détention d'un tel certificat ne garantit en rien que l'animal sera élevé conformément à ses besoins naturels. En d'autres termes, la délivrance de ce ‘"diplôme" ne garantit ni le respect de l'équilibre physique et psychique de l'animal ni, bien évidemment, sa liberté de mouvement. Le législateur a ainsi fait l'impasse sur cette inadéquation pourtant flagrante existante entre les conditions de détention imposées aux animaux par la vie itinérante des circassiens et les exigences comportementales de chaque espèce. Le certificat de capacité légitime cette nouvelle forme d'esclavage, mais ne l'abolit pas.

    Un système aussi vide de réflexions éthologiques ne saurait évidemment fonctionner correctement ; ainsi, nombreux sont les circassiens qui détiennent des animaux, dont certains dangereux, sans cette autorisation administrative. Et malgré les multiples procès verbaux dressés à leur encontre, aucun animal n'a jamais été retiré.

    Cette absence de saisis confirme dès lors que, non seulement, le certificat de capacité n'a aucune utilité mais encore et de manière classique, que lorsque des intérêts économiques sont en jeux, l'État ne souhaite pas à intervenir en faveur de l'animal. Le cas de la douzaine d'hippopotames illégalement détenus en France est symbolique de l'inertie délibérée des pouvoirs publics. Possédés en fraude à la réglementation, dans des conditions considérées par des vétérinaires comme ‘"des conditions de misère physiologique" ‘ s'étant plusieurs fois évadés alors qu'ils sont considérés comme les animaux les plus meurtriers d'Afrique, ces hippopotames n'ont, à ce jour, fait l'objet d'aucun retrait.

    C'est pourquoi, au vu des observations qui précèdent, il apparaît légitime de se poser certaines questions telles que :

    - Doit-on attendre la mort de l'animal pour le sortir d'un établissement ?
    •- Doit-on attendre la mort d'un enfant pour s'interroger sur la détention d'animaux dangereux ?
    •- Quel intérêt y a-t-il à posséder un certificat de capacité et à faire des contrôles administratifs ?
    •- Pourquoi s'encombrer d'études sur la vie misérable de ces animaux et multiplier les concertations si l'État s'évertue à perpétuer cet esclavage ?


    Une prise de conscience…

    Au plan international, pourtant la législation se durcit à la suite des pressions d'un public de plus en plus compatissant envers l'animal.

    En France, dans le cadre de la révision de l'arrêté du 21 août 1978, fixant les règles générales de fonctionnement et de contrôle des établissements présentant au public des spécimens vivants de la faune locale ou étrangère, le Ministère de l'Écologie doit prochainement présenter un nouvel arrêté spécifique aux animaux dans les cirques.

    Mais, de même que les négriers sont entrés en résistance lors des menaces d'abolition du commerce des esclaves, les directeurs de cirques avec animaux s'organisent afin de rendre ce futur arrêté aussi permissif et vide d'effet coercitif que l'est l'actuel système des certificats de capacité. 

    Si leur réaction est évidente, elle ne doit pas cependant permettre que, encore une fois, nous, humains, préférions l'asservissement d'autrui au respect et à la compassion. C'est pourquoi, il est temps d'abolir définitivement cette forme d'esclavage qu'est l'emploi des animaux dans les cirques. 

    LEGISLATION db270cd1233a69072cd8ca161ecdb41d.jpg

    Autriche - Interdiction des animaux sauvages dans les cirques à partir de 2005, à l'exception des lions et des tigres. les Etats fédéraux de Vienne et de Salzburg appuient fortement pour que cette interdiction soit étendue à tous les animaux sauvages. (Source Vier Pfoten)

    Belgique - Interdiction des animaux sauvages suspendue par le Conseil d’Etat – Voir le détail

    Danemark - Les animaux sauvages (à l’exception des éléphants d’Asie, des chameaux et des lamas) sont interdits depuis 1991 (Danish Act on Protection of Animals, Act n°386 juin 1991)

    Finlande - Les animaux sauvages sont interdits (à l’exception des otaries) depuis 1996 (Ministry of Agriculture and Forestry, 2 août 1996)

    France - Aucune interdiction actuelle 

    Norvège - Il est interdit d’utiliser des félins sauvages et des ours, et tous les autres animaux si ces derniers ont été capturé dans la nature (Welfare of Animals, Act n°73 décembre 1974)

    Suède - Il est interdit d’utiliser les carnivores sauvages, les pinnipèdes (sauf les otaries), les rhinocéros, les hippopotames, les cervidés (à l’exception des rennes), les girafes, les kangourous, les rapaces, les ratites (autruches, nandous, émeus), et les crocodiles depuis 1988 (Animal Welfare ordinance, Act n°539, 1988)

    Brésil - Les animaux domestiques et sauvages sont interdits dans les cirques (Legislative Assembly of the State of Rio de Janeiro, n°2634/2001)

    Costa Rica - Interdiction des animaux sauvages depuis juillet 2002

    Inde - Interdiction de spectacles avec tigres, panthères, lions, singes et ours dans les cirques (The Times of India News Service, le 10/05/2001)

    Israël - Dans la pratique interdiction des animaux sauvages par la non-délivrance d’agrément depuis 1998 (La souffrance des animaux n’a rien d’amusant – GAIA 2003)

    Singapour - Interdiction des animaux sauvages dans les spectacles itinérants depuis 2000 (The Agri-Food & Veterinary Authority of Sinagpore, Ministry of National Development, 29 décembre 2000)

    Législation allemande c03fe6c3505e4d4f38b479a87ea9059b.jpg

    L’Etat fédéral de Hessen a déposé une demande au parlement fédéral pour une interdiction de captivité pour les singes, les ours et les éléphants dans les cirques. Cette demande a été traitée par la commission pour l’agriculture fin septembre 2003.

    L’Etat de Bavière a déposé une demande d’interdiction de captivité des animaux sauvages (en particulier les signes, ours et éléphants) dans les cirques et a demandé, tout comme Hessen, l’introduction d’un registre central des cirques.

    L’Etat de Schleswig-Holstein a déposé une demande pour faire la liste des animaux qu’on peut garder en captivité dans des cirques. Récemment, la commission pour l’agriculture a recommandé au parlement la proposition de la Bavière.

    Le 17 octobre 2003, le parlement a accepté les recommandations de la commission. Il est maintenant du devoir du Ministère pour la Protection du consommateur, l’alimentation et l’agriculture de travailler sur un projet de décret.
    (Source : Menschen für Tierrechte)

     

    Zoom sur les établissements esclavagistes...  
     


    Quelques 200 cirques sillonnent la France transportant avec eux des animaux sauvages et domestiques. A ces cirques s'ajoutent des ménageries itinérantes présentant des reptiles, des requins, des otaries...

    Des petites structures familiales aux grandes enseignes "entreprises", tous ces établissements ont en commun de s'enrichir en exploitant des animaux. Leur meilleur arme afin de perpétuer en toute impunité cet esclavage permanent et de cacher leurs dérapages est la "non - identification" et la fuite.

    Nous vous proposons de nous envoyer toutes les informations que vous trouverez sur chaque établissement itinérant (nom précis du cirque, animaux présents, photos...) afin que nous puissions ensemble établir sur ces pages une base de données accessible à tous (particuliers, mairies...) en toute transparence.

    Les cirques en France

     

    Amar (Direction Falck)
    Androny  
    Apollo (Direction Louis Dumas)
    Buffalo circus (Direction Jacky Loberot)
    Cancy (Direction Gaby Cancy)
    Charly circus (Direction Charles Couget)
    Cirque Joseph Bouglione (Direction André-Joseph Bouglione)

    Cirque de Paris

    (Direction Goujeon)
    Cirque de France  
    Crone (Direction Dassoneville)
    Dumas Alexandra  
    Europe International circus (Direction Max Aucante)
    Franky  
    Fratellini A.  
    Fratellini A. (La Piste aux étoiles)  
    Fratellini Jeanne  
    Fratellini John (Direction Antonio Hart)
    Favrini (Le petit cirque)  
    Grüss Alexis (Direction Grüss)
    Grüss Arlette (Direction Grüss)
    Hart Marlon et Peter (Direction Hart)
    Idéal Circus (cirque Ideal) (Direction Muller)
    International zoo circus (Direction Muller)
    Kerwich (Franco Hongrois) (Direction Toni Landri)
    Kinos (Direction Désirée Rech)
    Lanzac Roger (Freddy Mordon)
    Lanzac Roger (Direction Roger Mordon)

    Lanzac Roger

    (Direction Rinaldi)

    Maximum

    (Direction Masson - Ringenbach)
    Médrano (Direction Raoul Gibault)

    Moreno Bormann

    (Direction Diana Moreno et Rex Bormann)
    Muller (Direction Edmond Muller)
    Nouveau cirque Triomphe (Direction Goujeon)
    Olympia  
    Parade du cirque (Direction Bayard)
    Phocéen (cirque)  

    Pinder

    (Direction Edelstein)
    Royal (Grand cirque) (Direction Landri)
    Rozel (Direction Rozel)
    Star circus (Direction Auguste Mauger)
    Ullman Katia  
    Venise (Direction Landri)

    Vitalis

    (Direction Marceau Mauger)

    Zavatta Achille fils

    (Direction Falck)

    Zavatta A.fils

    (Direction Arsène Cagniac)
    Zavatta Anthony (Direction Landry)
    Zavatta Céline  
    Zavatta Fabio (Direction Prein)
    Zavatta Francesco (Direction Jean-Claude Bayard)
    Zavatta Louis (Direction Sénéca)
    Zavatta Luigi (Direction Dassoneville)

    Zavatta Lydia

    (Direction Lydia Zavatta)

    Zavatta Sébastien

    (Direction Douchet)
    Zavatta Stéphane, Stephan (Direction Jimmy Klisson)
    Zavatta Thierry  
    Zavatta Willie fils (Direction Arsène Cagniac)
    Zavatta Willy  
    Zavatta  
    Zavattony  

     


    LE LENT SUICIDE DES CIRQUES TRADITIONNELS

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     Alors que le ministère de l'écologie décide d'interdire les hippopotames, les girafes et les rhinocéros dans les cirques français, ces derniers envisagent d'ores et déjà de bloquer toute évolution sous prétexte de défense d'un fondamental du cirque.

     

    Or est-il besoin de rappeler que ce n'est qu'un siècle après la création du cirque par le sergent Astley, lors des conquêtes coloniales de la seconde moitié du XIXème, que les premiers animaux sauvages ont fait leur apparition dans les ménageries ?

    Défendre cette présence des espèces sauvages, c'est défendre un héritage issu de la colonisation et non un fondamental du cirque. Preuve en est : l'évolution du nouveau cirque qui s'en est totalement affranchi.

    L'opposition grandissante du public face à la captivité forcée d'animaux sauvages dont certains sont inscrits à l'annexe I de la Convention de Washington, la multiplication des accidents ou encore des infractions allant de l'absence de certificat de capacité à l'absence d'autorisation d'ouverture, ont conduit les municipalités à exclure les cirques animaliers des centres-villes voire même à interdire leur installation.

    En s'opposant à cette évolution, qui peut passer par un retour aux fondamentaux du cirque, le Syndicat National du Cirque conduit à sa perte tous les établissements traditionnels au lieu de les aider à s'adapter à ces changements pourtant inévitables tant au niveau français qu'international.  

    En effet, de nombreux pays, parmi lesquels les Pays Scandinaves, l'Autriche, la Grande-Bretagne, le Brésil, le Costa Rica, Singapour, l'Inde, Israël ont déjà légiféré en interdisant tout ou parti des espèces. Quant aux Français, la mobilisation s'organise puisque plus de 100 000 signatures ont déjà été déposées au ministère de l'écologie et une marche virtuelle lancée sur le site de Code Animal a recueilli le soutien de plusieurs personnalités.  

    Nous appelons donc les professionnels du cirque à sortir de cette position de repliement et de négation d'une souffrance animale pourtant admise, afin de construire ensemble un cirque traditionnel exempt de tout héritage colonial et de toute violence.

     

    Code Animal - Mars 2007

     http://www.code-animal.com/



     

     

  • jane goodall, une vie pour les chimpanzés.

    e1fa8c4882f850527f29c45cc22983b6.jpgJane préfère-t-elle les singes?
    Elle répond non.
     
    Préfère-t-elle les hommes ?
     
    «Regardez ma vie», dit-elle et la réponse ne va pas de soi. Femme parmi les chimpanzés, Jane Goodall fut la première à vivre seule avec eux dans la forêt africaine dans les années 60, à partager leurs «émotions»,à communiquer avec eux, à tomber en amour et consacrer la deuxième partie de sa vie à défendre leur cause de par le monde. La première à observer qu'ils utilisaient des outils caractéristiques considérés jusqu'alors comme le propre de l'homme. Ou à découvrir qu'ils étaient capables d'infanticide, de cannibalisme.
     
    Jane Goodall en 6 dates:
    • 3 avril 1934 Naissance à Londres.
    • 1957 :Premier voyage pour l'Afrique, six semaines à bord du Kenya Castle.
    • Juillet 1960 :Départ avec sa mère pour Gombe en Tanzanie (à l'époque Tanganyika, sous protectorat britannique).
    • Mars 1967 : Naissance de son fils Hugo.
    • Octobre 1986 : Décide de se consacrer à la conservation des espèces et à la sauvegarde des grands singes africains.
    • 17 janvier 2006 : Reçoit à Paris la médaille d'or de l'Unesco et la Légion d'honneur, remise par le Premier ministre.
    Entre deux voyages, Jane trouve refuge dans sa maison familiale de Bournemouth, sur la côte Sud de l'Angleterre, où elle ne passe que six semaines par an. Même si sa soeur habite les lieux, la maison ne tient pas les promesses de sa belle allure victorienne avec briques rouges et bow windows. Les plantes du petit jardin ont piètre allure, l'entrée dévoile un surprenant capharnaüm, encombrée de cartons et jouets. Le sapin brille dans un petit salon qui sent le chien mouillé, où un feu de cheminée tente d'apporter un peu de chaleur. Jane Goodall, 72 ans, apparaît étonnamment jeune, menue mais solide, en jean et pull, ses cheveux blancs tirés en arrière comme sur toutes les photos d'elle depuis quarante ans. Elle dégage une tranquille assurance, rien ne la fera plus dévier de la mission qu'elle s'est fixée : alerter le monde sur sa responsabilité en matière d'environnement et de disparition des espèces animales. Monde qu'elle parcourt trois cents jours par an. Une foi (en Dieu d'abord) l'habite qui la pousse à vivre sans toit, et nul doute, à la voir si douce et résolue, que seule la mort l'arrêtera. Vingt ans assise dans la forêt à surveiller et attendre les réveils, les cris, les caprices des primates, ont laissé des marques : patience, vie intérieure intense. Elle ne renie rien de son parcours atypique, de son empathie si peu scientifique avec les grands singes. Quand elle donne des noms à ses chimpanzés dans ses articles, les relecteurs des revues scientifiques tombent de leur chaise en lisant les aventures de David Barbe grise, Fifi, Ferdinand, Freud ou Fanni. Et les remplacent par FM34 ou LC52. Ou encore changent les heor sheen l'impersonnel it. Un jour, assise avec «David» dans la forêt du parc national de Gombé en Tanzanie, elle lui tend un fruit : «Il me regarda, prit mon offrande, et la lâcha aussitôt, mais me tint délicatement la main quelques secondes. Je n'eus pas besoin de mots pour comprendre le message : il n'avait pas faim mais comprenait que j'avais voulu lui faire plaisir.» Quarante ans après, elle rejoue la scène, vous prend la main et la tient très doucement. Il est évident que les critiques sur son attitude avec les chimpanzés n'ont jamais eu de prise sur elle. Elle s'est mariée en 1964 avec Hugo Van Lawick, photographe au National Geographic. Leur fils naît en 1967. Ce sont les femelles chimpanzés, raconte-t-elle dans son livre le Cri de l'espoir, qui lui montrent comment être une bonne mère. Divorce, remariage avec le directeur des parcs nationaux de Tanzanie qui décède d'un cancer quelques années plus tard. Aujourd'hui, son fils vit toujours en Tanzanie mais ne s'occupe pas d'animaux. Quand Flo, une femelle chimpanzé qu'elle a longtemps suivie, meurt, elle passe tout naturellement une annonce dans le Sunday Times. «Elle avait rendu de grands services à la recherche.» Jane Goodall semblait partie pour une vie bien tranquille, le métier de secrétaire en poche. «Avec ça, tu trouveras du travail partout dans le monde», lui avait dit sa mère qui n'avait pas les moyens de lui payer des études, le père ayant dépensé beaucoup dans sa jeunesse et quitté femme et enfants après la Seconde Guerre mondiale. Invitée par une amie au Kenya, Jane décide d'y rester et rencontre le célèbre paléontologue Louis Leakey, alors directeur du muséum d'Histoire naturelle de Nairobi, et devient sa secrétaire. Leakey veut envoyer des gens étudier les grands singes sauvages sur le terrain, ce qui n'avait jamais été fait. Assez vite, il pense qu'il a trouvé la bonne personne. En ces années 60, le gouvernement britannique exige que Jane ait un chaperon. Sa mère Vanne, personnage le plus important de sa vie, l' accompagnera dans la forêt africaine. Sans formation universitaire ni scientifique, naïve, non formatée, c'est ainsi que Louis Leakey voulait ses observatrices. Car Jane fut la première mais pas la dernière. Le vieux renard envoya deux autres jeunes femmes devenues également célèbres: Dian Fossey qui étudia les gorilles et mourut assassinée (sans doute par un braconnier) au Rwanda, et Biruté Galdikas qui se consacre encore aux orangs-outans d'Indonésie. Toutes trois ont profondément changé l'image que se faisait l'homme du singe. Et bien qu'elles aient également mis en évidence des scènes de violence chez eux, les «trimates» comme on les appelle ont continué à représenter les singes en gentils individus. Mais pourquoi des femmes ? «A l'époque, une femme n'était pas censée travailler, explique Jane, et passer son temps en forêt à observer ne pouvait être considéré comme un travail.» Reste que depuis, elle a fait beaucoup d'émules féminines. «On les médiatise beaucoup plus, estime Emmanuelle Grundman, une des rares primatologues françaises, qui admire Jane Goodall. «Regardez les photos dans la presse, s'il s'agit d'une femme, elle est sur l'image en compagnie du singe, alors que les hommes, vous ne les verrez jamais.» «C'est la belle et la bête, sourit Jane Goodall. Le contraste est plus important.» Elle a servi de modèle à William Boyd pour son roman Brazzaville Plage, histoire d'une primatologue qui débarque en Afrique et observe des comportements inconnus chez les chimpanzés : infanticide, meurtres, cannibalisme... L'histoire de Jane. Qui a lu le livre et sort de sa britannique réserve : «J'étais en colère, très énervée, il s'est servi de mes recherches, de mes personnages (les chimpanzés), il a même utilisé mes mots. Il ne m'a jamais parlé et depuis, je pense qu'il m'évite.» L'écrivain a aggravé son cas: sollicité pour une donation pour les programmes de Jane Goodall, il envoie royalement 100 livres. Elle s'étrangle : «Il doit être millionnaire avec ses best-sellers!» Jane a passé ses diplômes, mais reste fière d'avoir abordé la nature sans formation scientifique. Elle se définit comme une activiste, militante des droits des animaux, conservationniste. Pour «respecter les animaux admirables avec qui nous partageons la Terre». Elle gère également des instituts Jane-Goodall, des programmes dans 90 pays, destinés aux populations locales en Afrique ou à la sensibilisation des jeunes. Elle a des fans dans le monde entier, quelques-uns en France où l'institut Jane-Goodall (1) n'a qu'un an mais se démène pour la faire connaître. Une photo montre Jane jeune, les cheveux encore lâchés, blonde et presque hollywoodienne : elle aurait fait une excellente héroïne blottie dans les bras de King Kong. Mais elle n'a vu aucun des films et le seul avantage qu'elle concède au dernier, c'est que le gorille est 100 % virtuel. Aucun vrai n'a souffert pour jouer le rôle.07799d2eddf7e4c80409f4895e86450f.jpg
     
                                 www.janegoodall.fr
     
                                      http://www.gorillafund.org/

    La passionnée


    Née en 1934 à Londres, la jeune Jane Goodall débute une carrière toute tracée par de conventionnelles études de secrétariat. Le destin en décide pourtant autrement. En 1960, elle accompagne sa mère en Tanzanie et devient secrétaire de Louis Leakey, paléontologue renommé et directeur du muséum d'Histoire naturelle de Nairobi. Louis Leakey, qui a également soutenu la très célèbre Dian Fossey dans ses recherches, apprécie la spontanéité et l'intelligence de la jeune femme.

    La pionnière


    Amoureuse de la nature sauvage, passionnée par la vie animale, Jane Goodall s'intéresse très jeune à la protection des espèces vivantes. Louis Leakey décide alors de lui confier des missions d'observation dans les denses forêts tanzaniennes. C'est dans ce cadre somptueux qu'elle compensera l'absence de formation scientifique par une immersion quasiment totale dans le monde des chimpanzés de Gombe. Silencieuse, persévérante et attentive, Jane applique patiemment et implacablement sa méthode en dépit des critiques de la communauté scientifique, étonnée par une si grande implication sur le terrain. On lui reproche ses pratiques atypiques, qui privilégient le contact, et la familiarité avec laquelle elle décrit ses recherches dans les revues spécialisées.

     

    Pourtant, Jane Goodall ne se décourage pas. La création du Centre de Recherche de Gombe Stream pour l'observation des singes, en 1964, précède la Fondation de l'Institut Jane Goodall (1977), le programme "ChimpanZoo" consacré aux chimpanzés vivants en captivité (1984) ou encore le récent programme "TACARE" consacré à la sauvegarde des forêts tanzaniennes.

    Des primates et des hommes


    Les recherches de Jane Goodall ont un retentissement considérable. Ses conclusions demeurent, près de quarante ans après le début de ses recherches, essentielles en éthologie. Les singes créent et utilisent des outils, ils sont capables d'actes de violence inscrits dans une structure hiérarchique, et ont de nombreux points communs avec l'Homme. C'est une révolution, et pour certains une provocation qui remet en cause la suprématie de l'intelligence humaine.

     
     
    L'engagement et la reconnaissance

    Au-delà de ses travaux scientifiques, c'est avant-tout sa mobilisation pour la sauvegarde des grands singes qui lui vaut la reconnaissance de tous. Le braconnage et la destruction des habitats naturels ont fait chuter la population de chimpanzés d'un tiers entre les années 1960 et aujourd'hui. Pensions pour singes orphelins ou campagnes de sensibilisation de grande envergure, l'œuvre de Jane Goodall est peu à peu saluée par le monde entier, et les distinctions honorifiques se succèdent : elle devient "messager de la paix" des Nations Unies en 2002, est nommée "Dame de l'Empire Britannique" par le prince Charles en 2004, et Dominique de Villepin lui a remis le 17 janvier de cette année la Légion d'Honneur. Une consécration pour Jane, déjà récompensée par de très nombreux prix.