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ANIMAL MARCHANDISE

 

"N’ayons pas peur des mots : la France est couverte de camps de concentration et de salles de torture. Des convois de l’horreur la sillonnent à tout instant et en tous sens. Pour cause d’élevage intensif, les fermes, devenues des « exploitations », se sont reconverties en centres de détention à régime sévère, et les « fillettes » de Louis XI passeraient pour de véritables hangars face aux dispositifs où l’on enferme des créatures que la nature avait conçues pour la lumière, pour le mouvement et pour l’espace." Armand Farrachi.

 

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"La première façon de réduire l'animal, c'est de le réduire à une chose, une marchandise.

Une chose qui nous intéresse, on est tenté très vite de la considérer comme une marchandise, c'est-à-dire une chose que l'on veut posséder, que l'on veut s'acheter si on ne l'a pas, donc qui se vend, qui se transporte aussi du vendeur à l'acheteur. L'idée qu'un individu peut appartenir à un autre, et que le fait de le posséder autorise à en faire, si ce n'est ce que l'on veut, du moins presque tout ce que l'on veut pour en tirer profit, cela c'est aussi appliqué aux humains avec l'esclavage.
Pour illustrer le fait que l'animal est vu principalement comme une marchandise, dans l'utilisation que l'on en fait en l'occurrence ici dans l'industrie de l'élevage, j'ai relevé, dans ce magazine 'Réussir Porc', dans le numéro 94 de mai 2003, page 5, cette information : "les responsables du Comité Régional Porcin proposent trois mesures qui visent à alléger le marché pour favoriser un retour à des cours meilleurs. Premièrement : financer une opération de dégagement de marché sur des pays tiers [...]. Deuxièmement : Baisser la gamme de poids de deux kilos […]. Troisièmement : abattre 2.000 porcelets par semaine pendant dix semaines".
On voit bien là qu'il n'est attribué à l'animal d'élevage absolument aucune valeur en soi en dehors de sa valeur marchande. C'est même presque comme si un individu pouvait avoir une valeur négative, c'est-à-dire que puisqu'en le supprimant on créé de la valeur, parce que cela fait remonter les cours du marché, alors on le supprime.
Il y a aussi les animaux que l'on supprime parce qu'ils n'ont pas de valeur économique, ce sont des déchets du processus de production, déchets que l'on jette. Par exemple, les poussins mâles issus de poules pondeuses ne peuvent pas être utilisés pour produire des œufs, et comme ils ne sont pas rentables pour produire de la viande (parce qu'ils ne sont pas issus d'une lignée génétique sélectionnée pour cela) ils sont jetés comme un déchet, dans un broyeur en l'occurrence, ou entassés dans des sacs sur lesquels on roule avec un bulldozer.
Une fois que la viande a été produite sur l'animal, il faut l'emmener jusqu'à un abattoir pour retirer la viande du corps de l'animal et l'empaqueter pour la vendre comme produit de consommation.
Au moment où ces animaux sont ramassés, un nombre important d'entre eux sont malades, quand ils ne sont pas déjà morts, notamment à cause des conditions d'entassement, de l'atmosphère viciée de ces hangars.
Beaucoup souffrent de plaies aux pattes dues à la saleté du sol de ces hangars qui ne sont pas nettoyés une seule fois durant toute leur durée de vie ; les plus faibles d'entre eux sont blessés par leur congénères qui deviennent violents à cause des conditions d'entassement et d'ennui dans lesquels ils sont placés. De plus, comme ils ont été sélectionnés génétiquement pour produire le maximum de viande, mais sans considération pour leur bien-être, ils sont tous devenus obèses par rapport à ce que leur squelette fragile peut supporter. Certains peuvent à peine se déplacer pour venir se nourrir. Leurs os se cassent facilement, en particulier lorsqu'ils sont manipulés.
Est-ce utile de rappeler que ce sont ces animaux que l'on retrouve au milieu de nos tables ? L'envers du décor est effectivement un peu moins reluisant."
ANTOINE COMITI

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