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collectif limousin d'action militante pour les animaux - Page 27

  • Chasseurs, barbares, la frontière est parfois floue...

     

    LAIE1.jpg

    Début mars, une laie visiblement pleine, poursuivie dans le cadre d’une battue, a été massacrée dans un village de la Creuse. Ironiquement, la scène s’est passée sur le parvis de l’église où elle était allée chercher refuge...
    D’abord acculé par des chiens, le pauvre animal s’est fait rouer de coups de merlin et de pieds pendant un quart d’heure par trois hommes, dont le président de l’Association Communale de Chasse Agréée (ACCA). Comble de la délicatesse, ils accompagnaient leurs gestes d’insultes et d’insanités. Le sanglier s’est traîné sur plusieurs mètres avant de succomber sous les yeux d’une dizaine de témoins.
    Le journal local raconte que "les femmes étaient en pleurs. Les enfants en parlaient le lendemain à l’école, très choqués. Il y avait du sang jusque sur les marches de l’église".
    Le président de l’ACCA s’est défendu en expliquant qu’il ne pouvait abattre l’animal avec une arme à feu en plein bourg, et qu’il l’a en quelque sorte achevé pour son bien puisque les chiens l’avaient déjà bien abîmé !
    Paradoxalement, tout ceci s’est passé dans le cadre d’une "battue de dispersion", des battues dont le but est simplement d’éloigner des animaux hors de zones sensibles,... sans les tuer.
    Le parquet de Guéret et l’Office de la Chasse ont été saisis. "Le sanglier est mort lors d’une battue de dispersion alors que la chasse était fermée. Mais la mise à mort d’un animal déjà mortellement blessé n’est pas une infraction. Malgré tout, si celle-ci intervient, elle doit être rapide et efficace sans que l’animal ne souffre". Le ou les auteurs pourraient donc comparaître devant un tribunal pour mauvais traitement à animal.


     

    ARTICLE SUR LE JOURNAL LA MONTAGNE

     

    Une laie, visiblement pleine, a été massacrée à coup de merlin, sur le parvis de l'église de La Nouaille, à l'issue d'une battue de dispersion.


    Le 7 mars dernier, le parvis de l’église de La Nouaille (Creuse) a été le théâtre d’une rare barbarie.

    Une laie, visiblement prête à mettre bas, venait d’échapper à une battue de dispersion et s’est retrouvée acculée par deux chiens contre un mur de l’église où elle avait trouvé un bien éphémère refuge.

    Trois hommes, dont le président de l’association communale de chasse agréée (ACCA) de La Nouaille, se sont alors « acharnés sur la laie pendant un quart d’heure », selon les témoins, l’arrosant de « coups de merlin et de coups de pied en proférant insultes et insanités ». L’animal s’est traîné sur plusieurs mètres avant de succomber sous les yeux d’une dizaine de témoins.

    « Les femmes étaient en pleurs, les enfants en parlaient le lendemain à l’école, très choqués » explique l’un d’eux. « Il y avait du sang jusque sur les marches de l’église ».

    Le président de l’ACCA assume et se justifie en expliquant qu’« il était hors de question de l’abattre avec une arme à feu en plein bourg. En s’enfuyant, elle risquait de blesser quelqu’un, la seule solution était de l’achever ». « En plus, ajoute-t-il, les chiens l’avaient déjà bien abîmée ».

    « À coups
    de merlin et
    de coups de pied

    Cette barbare mise à mort a soulevé l’indignation de beaucoup d’habitants, notamment du louvetier et des chasseurs, puisque l’homme, s’il est président de l’ACCA, n’est pas chasseur.

    « La mise à mort fait partie de la chasse, mais dans certaines conditions. Cet homme est indigne d’être président d’une ACCA », explique le directeur de l’école, lui-même chasseur depuis plus de quarante ans, le premier à saisir l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). De l’avis de tous, il suffisait de rappeler et de saisir les deux chiens afin de laisser partir la laie… Ainsi qu’une battue de dispersion le veut, « puisque sa seule finalité, souligne un autre chasseur choqué par ces agissements, est l’éloignement des animaux hors des zones sensibles, sans prélèvement ni action de chasse ».

    L’enquête est ouverte

    Le constat pour l’ONCFS est clair : « Un sanglier est mort lors d’une battue de dispersion et la chasse était fermée à ce moment-là ». Mais « la mise à mort d’un animal déjà mortellement blessé n’est pas une infraction ». Malgré tout, si celle-ci intervient, elle doit être « rapide et efficace sans que l’animal souffre ». Ce qui n’est ici, une évidence pour personne.

    L’ONCFS a donc signalé l’affaire au parquet de Guéret qui a ouvert une enquête. « Les faits sont parfaitement inadmissibles, souligne le substitut du procureur de la République. Elle jette un discrédit considérable sur la chasse ». Le ou les auteurs des coups pourraient ainsi comparaître devant le tribunal pour mauvais traitement à animal.

    Julie Ho Hoa


     

  • Apocalypse pétrolifère

    Onze morts humains et des millions d'animaux bientôt victimes de l'inacceptable, encore une marée noire.
    Puisqu'il s'agit d'animaux sauvages, et non pas des millions d'animaux élevés quotidiennement de par le monde pour être abattus et mangés, la presse ne peut ignorer ce gigantesque massacre à venir :
    " Au total, c’est quelque 400 espèces [dont le pélican, le canard brun ou la spatule rosée] dont des millions d’individus vivent ou passent par le bord de la mer en Louisiane, qui pourraient souffrir de ce désastre écologique, selon sa liste publiée sur le site du quotidien de La Nouvelle-Orléans, The Times-Picayune. Les poissons, les dauphins, les baleines et les tortues du golfe du Mexique, ne seront pas non plus épargnés puisqu’ils trouvent leur nourriture également dans la mer et leur chaîne alimentaire va être polluée du début à la fin. En ce qui concerne la terre ferme, c’est naturellement les animaux vivant sur les côtes qui vont souffrir. Les zones où vivent les colonies de crevettes sauvages, de crabes et d’huîtres sont particulièrement vulnérables." cdurable
    amoco-cadiz-2.jpgDramatique actualité, dont je ne suis pas pressée de voir les images d'horreur - je suis encore traumatisée par les premières du genre: le naufrage du pétrolier l'Amoco Cadiz, au large des côtes bretonnes, en mars 1978. La marée noire qui s'en suivit est Amoco_Cadiz_2.jpgconsidérée, aujourd'hui encore, comme l'une des pires catastrophes écologiques de l'Histoire. J'étais pourtant enfant, mais c'était si affreux que je me souviens encore avec émotion des oiseaux marins englués et affolés, fuyant les quelques humains tentant de les secourir, se débattrant lamentablement pour finalement couler à pic dans des vagues lourdes et grasses de pétrole. C'était la quatrième marée noire en Bretagne en 10 ans, mais la plus grave, et la première dont je me souvienne. Une des premières d'une bien trop longue série, dont la plupart nous échappent d'ailleurs.
    Cette photo, prise le 18 mars 78 entre à 10 h 35 et 12 h, à 600 m et 1 800 m d’altitude, montre le bâtiment brisé en deux vomissant son pétrole sans discontinuer. Et ce qu’on peine à imaginer, apparaît à l’évidence : sous l’immense couche d’huile, c’est la mer. La mer et toute la vie qu’elle contient. Un massacre. Amoco Cadiz n'oubliez pas

    oiseau mazouté.jpg

    L'image de l'oiseau mazouté est désormais tellement clichée, c'est cela aussi qui est triste à pleurer : que les oiseaux mazoutés se comptent désormais par millions. Que les marées noires fassent presque partie du décor.

    Bien sûr, il n'y a pas que les oiseaux qui périssent, et des millions d'autres animaux meurent empoisonnés, étouffés de pétrole, silencieusement, loin des regards et des pensées. Baleines, poissons, crustacés, 400 espèces animales au moins vont être décimées par la marée noire en cours. J'écris "des millions" d'animaux", mais ce sont sans doutes des centaines de millions, voire des milliards - pour s'en convaincre, nous puvons jeter un coup d'oeil sur les dates des marées noires les plus importantes de l'Histoire, mais gardons bien à l'esprit (et c'est cela le plus affolant), que les marées noires ne représentent que 6% des déversements d'hydrocarbures dans l'océan, contre 53% par les industries fixées à terre et 20% par les rejets opérationnels et accidentels de navires non pétroliers. Voici une toute petite partie (6%) de la masse colossale de pétrole dégueulasse qui pollue en permanence les océans du monde entier.

    amoco-cadiz-9.jpgamoco oiseau.jpg* 1967 Naufrage du Torrey Canyon, entre la Grande-Bretagne et la France, capacité de 117 000 tonnes dont 77 000 tonnes déversées dans la Manche.
    *
    1968 World Glory, au large de Durban (Afrique du Sud), capacité de 45 000 tonnes dont la totalité, 45 000 tonnes déversées dans l'océan Indien.
    *
    1969 Gironde, au large de l'île de Bréhat (Bretagne), 1 500 tonnes déversées dans la Manche.
    *
    1970 Polycommander, dans la baie de Vigo (côtes ouest de l'Espagne), capacité de 50 380 tonnes dont 13 000 tonnes déversées dans l'Atlantique.
    *
    1971 Texaco Oklahoma, Norfolk (côtes est des États-Unis), capacité de 32 900 tonnes dont 31 500 tonnes déversées dans l'Atlantique.
    *
    1972 Collision entre deux pétroliers, le Texanita et le Oswego-Guardian, au large de l'Afrique du Sud, au cours de laquelle 100 000 tonnes répandues en mer.
    *
    1974 Metula, détroit de Magellan, capacité de 206 700 tonnes dont 50 000 tonnes déversées en mer.
    *
    1976 Urquiola, au large de La Corogne (côtes nord-ouest de l'Espagne), capacité de 118 000 tonnes dont 100 000 tonnes répandues en mer.
    *
    1976 Olympic Bravery, au large de l'île d'Ouessant (Bretagne) avec un déversement de 1 250 tonnes.
    *
    1976 Böhlen, entre les îles de Sein et d'Ouessant (Bretagne), capacité de 11 000 tonnes dont 2 000 tonnes déversées en mer.
    *
    1977 Accident de la plate-forme offshore Bravo en mer de Norvège (complexe d'Ekofisk) au cours duquel 12 000 tonnes de pétrole échappées.
    mareenoire-2c2ee.jpgphoto_1261755087638-1-0.jpgLe-Pouliguen-Rochers-souilles-Janvier-2000-3-zm.jpg

    plongee-amoco.jpg










    * 1978 Amoco-Cadiz, au large de Portsall (Finistère Nord, France), la totalité, 228 000 tonnesrépandues dans la Manche.
    * 1979 Collision entre deux pétroliers, le Gino et le Team Castor, au large de l'île d'Ouessant (Bretagne), au cours de laquelle 49 000 tonnes déversées (41 000 tonnes sont restées dans l'épave).
    * 1979 Andros-Patria, Portugal, capacité de 200 000 tonnes dont 50 000 tonnes déversées.
    * 1979 Bételgeuse, baie de Bantry (Irlande), 28 000 tonnes répandues en mer.
    * 1979 Accident sur l'Ixtoc One, un puits de pétrole offshore dans le golfe du Mexique, près d'un million de tonnes déversées en mer.                                                                        
    * 1980 Tanio, au large de l'île de Batz (Bretagne), capacité de 27 000 tonnes dont 5 000 à 10 000 tonnes déversées.
    * 1983 Castillo-de-Bellver, au large des côtes d'Afrique du Sud, déversement de 100 000 tonnes.
    * 1988 Amazzone, au large de l'île d'Ouessant (Bretagne), capacité de 32 000 tonnes dont 3 200 tonnes rejoignent la mer.
    * 1989 Kharg-5, entre les îles Canaries et le Maroc, capacité de 284 000 tonnes dont 70 000 tonnes déversées dans l'Atlantique.
    1006248.jpg* 1989 Exxon Valdez, baie du Prince-Guillaume (Alaska), capacité de 211 000 tonnes dont près de 40 000 tonnes déversées.
    * 1991 Haven, au large de Gênes (Italie), capacité de 230 000 tonnes dont 60 000 tonnes déversées en mer et 20 000 tonnes restées coincées dans l'épave gisant au fond.
    * 1991 guerre du Golfe, entre 500 000 et un million de tonnes de pétrole déversées en mer.
    * 1992 Aegean Sea, au large de La Corogne (Espagne), capacité de 114 000 tonnes dont 60 000 tonnes déversées en mer.
    erika-total-doit-reconnaitre-torts-L-1.jpeg* 1993 Braer, à Sumburgh head (îles Shetland), capacité de 85 000 tonnes dont la totalité déversée en mer. Collision entre deux pétroliers, le Maersk navigator et le Sanko Honour, au nord de Sumatra (Indonésie), capacité de 254 000 tonnes dont 200 000 tonnes  répandues en mer.
    * 1996 Sea-Empress, au large de Milford Haven (Pays de Galles), capacité de 147 000 tonnes dont 65 000 tonnes déversées en mer.
    * 1997 Katja, lors de l'accostage dans le port du Havre (Normandie), 2 tonnes déversées en mer.
    * 1997 Nakhodka, au large de Mikuni (Japon), capacité de 19 000 tonnes dont 8 000 tonnes déversées en mer du Japon.
    * 1999 Volgoneff-248, Bosphore, capacité de 4 400 tonnes dont 1 000 tonnes déversées en mer de Marmara.
    * 1999 Erika, à une cinquantaine de milles de la pointe de Penmarc'h (Finistère), capacité de 31 500 tonnes dont 20 000 tonnes déversées dans l'Atlantique.

    maree-noire-coree.jpg* 2000 Fuite d'une raffinerie dans la baie de Rio de Janeiro au cours de laquelle 1 300 tonnes  déversées.
    * 2001 Jessica, au large de l'île San Cristóbal (Galapagos), capacité de 900 tonnes dont 600 tonnes déversées dans l'océan Pacifique.
    * 2002 Le Prestige, chargé de 77 000 tonnes de fioul lourd, en difficulté au large de la Corogne (Espagne), se brise en deux le 19 novembre.

    Les deux parties du pétrolier coulent à 3 500 mètres de profondeur, emportant de 40 000 à 50 000 tonnes de fioul.



    baleine exxon.jpgDeux millions huit cent vingt six mille quatre cent cinquante tonnes. 2 826 450 tonnes de pétrole dégueulasse et mortellement toxique répandu sur et dans tous les océans et les mers du globe en 43 ans.
    Mais les marées noires ne représentent que 6% des déversements d'hydrocarbures dans l'océan. Il y a aussi tous les rejets d'hydrocarbures d'industries, et les dégazages illégaux: beaucoup de navires marchands nettoient leurs soutes en haute mer, laissant paraître derrière eux un sillon dégueulasse. degazage.jpgRares sont ceux qui se font choper, et certains nient alors d'une façon éhontée - un capitaine n'a-t-il pas expliqué que c'était le cuisinier, qui avait déversé de l'huile de friture par dessus bord, qui était seul responsable de la traînée de 19km qu'avait laissée son bateau?
    Donc, si aux 6% on ajoute 94%, ça fait quelque chose comme quarante sept millions mille cent sept et cinq cent tonnes d'hydrocarbures à la flotte. 47 107 500 tonnes - toujours en 43 ans.
    A cela, s'ajoutent bien sûr les 800 000 tonnes qui s'échappent actuellement chaque jour de la plateforme qui a coulée à une trentaine de km de la Floride.
    Mais pour l'instant, la palme de pollution revient encore à la marée noire qui s'est produite pendant la guerre du golfe, lors du sabotage du terminal pétrolier de Mina al Ahmadi, au Koweit, par l'armée iranienne.
    Joli record de pollusion massive!
    Les animaux marins, les populations et les côtiers apprécient, on n'en doute pas.
    frog floride 3.JPGfrog floride.jpgEn Floride, "c'est une catastrophe qui s'annonce pour les 12 millions de km2 de zones humides du littoral de Louisiane, où des centaines d'espèces animales sont menacées." Aujourd'hui, le 30 avril, alors que le pétrole coule à flot sur les marais humides de Floride, c'est aussi la journée-mondiale-pour-sauver-les-grenouilles, ces remarquables et pacifiques batraciens étant dramatique décimés par la pollution, la destruction de leur habitat et la connerie sottise humaine. Mais les millions de grenouilles évoluant dans les marais de Floride sont déjà condamnés. Elles sont hélas loin d'être les seules.

    En se déposant sur les fonds marins  ou en se répandant en nappes dans la mer, le fuel détruit la faune et la flore marine (dont les crustacés, les coraux, les poissons) et supprime la nourriture de nombreuses espèces. Les oiseaux, dont les plumes engluées perdent leur étanchéité et ne parviennent plus à réguler leur température, succombent à l'hypothermie et à l'empoisonnement. La zone littorale est la plus vulnérable. L'arrivée des nappes de pétrole sur les marais côtiers, les mangroves, les plages de sables ou de galets et sur les récifs coraliens peut avoir des effets dévastateurs.

    pétrole plateforme floride.jpg

    Pour en revenir à l'actualité, Le Monde du jour nous apprend que :
    Les bayous [écosystèmes côtiers typiques de Louisiane] seront beaucoup plus difficiles à nettoyer que si la marée noire avait touché un substrat dur, comme des rochers. En revanche, les processus de biodégradation devraient y être un peu plus rapide. C'est le seul côté positif : la grand majorité des hydrocarbures sont issus de la minéralisation et de l'enfouissement d'anciennes mangroves. Il y a donc une continuité entre la végétation de ces espaces et les hydrocarbures en terme de structure chimique. La biodégradation sera donc plus rapide que sur un rocher car ce sont des molécules qui sont plus ou moins connues des communautés microbiennes qui vivent dans les mangroves.
    Quand la crise sera passée, on peut donc imaginer qu'il y aura une exacerbation de la vie, ces hydrocarbures seront utilisés comme source de carbone. Les hydrocarbures restent un composé naturel : le problème est très différent que lors d'une pollution par pesticides, pour lesquels aucun organisme vivant ne peut dégrader la molécule. Mais il y aura des impacts écologiques majeurs, c'est certain. Pour que l'écosystème retrouve son intégrité, qu'une forêt se reconstitue et joue son rôle par rapport à la faune, il y en a peut-être pour 20 ou 30 ans.
    Vingt ou trente ans, et combien de dizaines de millions d'animaux morts?
    BP, la compagnie responsable (par négligence, puisque c'est une défaillance technique qui est à la cause de la fuite), déclare qu'elle "assume" et "nettoiera". Alors qu'on sait que les Bayous sont impossibles à nettoyer. Une personne a laissé un commentaire sur Libération:
    "Le mec il vient d'assassiner la mémé à coup de gourdin en pleine rue et le sang et la cervelle ont giclé partout sur la chaussée
    - Mais m'sieur l'agent, je vous jure que je vais assumer et nettoyer !"
    C'est en effet à peu près du même niveau.

    mazout-oiseau.JPG

    Crevettes et poissons par dizaines de millions, oiseaux (plus de 5 millions vivent dans les bayous de Louisiane), renards, tortues, aligators... interminable liste, on l'a vu, de tous ceux qui vont périr. Mais le top, c'est la phrase "on peut donc imaginer qu'il y aura une exacerbation de la vie" (on peut aussi imaginer qu'on ira sur la Lune avec la Tour Eiffel.) Finalement, on a presque envie de dire que tout ça n'est pas bien grave... D'accord, les océans servent d'immenses poubelles, mais tout cela finira bien par rentrer dans l'ordre. Vous y croyez, vous, au Père Noël?
    Perso, étant donné que j'ai la chance d'être végane depuis une quinzaine d'années, je ne mange aucun poisson depuis longtemps, et vu comment nous avons transformé les océans en un magma infâme, j'ai plutôt envie de souhaiter bonne chance aux humains qui en consomment. Parce qu'entre les 47 millions de tonnes d'hydrocarbures, les déchets radioactifs, les déchets de guerres, les pesticides, et toute la poubelle qu'on y balance, au point qu'ils forment un "septième continent" - terriblement toxique bien sûr -, il faut être vraiment cinglé ou totalement inconscient pour encore consommer du poisson (et sans parler des souffrances des poissons pêchés).

    trajet jouets en plastiques.pngPacificGarbage2.jpgIllustration: trajet des jouets en plastique relâchés par un cargo dans la plaque de déchets. Pour en revenir au "septième continent", on en parle "curieusement" très peu, pourtant c'est une pollution autrement plus massive que les marées noires, qui finalement font peut-être figure de gentillettes pollutions.
    Deux mots de cette plaque (ces plaques serait plus correcte) de résidus de plastiques, qui représente entre 700 000 km2 et 20 000 000 km2. Une bagatelle. Étant donné que la mer de déchets est translucide et se situe juste sous la surface de l’eau, elle n’est pas détectable sur les photographies prises par des satellites. Elle est seulement visible du pont des bateaux. Les plastiques ont une durée de vie moyenne qui dépasse les cinq cents ans. Au fil du temps, ils se désagrègent sans que leur structure moléculaire change d’un iota. C’est ainsi qu’apparaissent des quantités colossales d’une sorte de sable de plastique qui, pour les animaux, a toutes les apparences de la nourriture.

    tortue plastique.jpg

    Ces plastiques, impossibles à digérer et difficiles à éliminer, s’accumulent ainsi dans les estomacs des poissons, méduses et des oiseaux marins. Par ailleurs, ces grains de plastique agissent comme des éponges, fixant de nombreuses toxines dans des proportions plusieurs millions de fois supérieures à la normale, comme le DDT (un pesticide) ou les PCB (qui ont complètement pollué le Rhône pour des décennies), des produits extrêmement toxiques. Les effets en cascade peuvent s’étendre via la chaîne alimentaire jusqu'à l'humain (qui mange des animaux marins). D'après Greenpeace, environ 1 million d'oiseaux et 100 000 mammifères marins meurent chaque année de l'ingestion de plastiques. Au total, plus de 267 espèces marines seraient affectées par cet amas colossal de déchets. Sur des mesures effectuées en 2001 et en 2007, la masse de particules plastiques était six fois supérieure à la masse de zooplancton.

    underwater.jpg

    Entre deux eaux: la pollution

    oiseau plastic 2.jpgoiseau plastic.jpg

    oiseau plastic 1.jpg9_jakarta_river_quer_RTR1QGMP.jpg

    Sans doute, les enjeux économiques  et de pouvoir sont le coeur de tous ce désastre, et j'imagine sans peine qu'ils m'échappent comme au plus commun des mortels.
    Mais l'impression que, presque malgré moi, je retire de ce qui peut quand même être appelé la destruction des océans, c'est que la fin du monde ce n'est pas du tout pour 2012: c'est déjà commencé depuis longtemps. Finalement, l'apocalypse, c'est comme la révolution: ce n'est pas un baculement d'un jour, mais une continuité de changements qui les font. La fin du monde, ce ne sera même pas une météorite qui se fracasserera sur nos crânes, mais c'est simplement nous tous, ensemble, qui nous rendons un peu plus chaque jour notre planète invivable pour tous les animaux et nous-même, humains. Ca va prendre encore un petit peu de temps, mais vu l'énergie qu'on y met, ça ne devrait plus trop traîner.
    Peut-être suis-je pessimiste, ou bien tout simplement réaliste? Il est nécessaire de prendre du recul pour mesure l'ampleur des dégâts. Perso, l'inexorable destruction des océans a du mal à me rendre joyeuse.
    Ceci dit, l'humanité s'habitue (tant bien que mal certes mais quand même on y arrive) à son nouvel environnement au fur et à mesure de sa dévastation (le "syndrôme de la grenouille", ou un truc du genre je crois?); c'est sans doute ça aussi qui nous empêche de réagir comme il se devrait et de prendre des décisions immédiates et salutaires, comme devenir vegan et arrêter de consommer comme des dingues (pas évident quand on vit dans une société de consommation viandarde!). Devenir veg et réellement moins consommateur, tout de suite, là, maintenant. Ca ne résoudrait peut-être pas tout, mais ça épargnerait des milliards d'animaux, et en plus on s'empoisonnerait beaucoup moins. Ce serait déjà un bon début.
    Des tas d'autres actions sont possibles, directement en changeant ses comportements, ses habitudes, et indirectement en finançant des structures qui luttent pour les animaux (humains et non humains) et l'environnement ici et à travers le monde. Il est urgent et nécessaire de concilier les deux. Il paraît que nous sommes une espèce particulièrement ntelligente, hé bien, il serait plus que temps de le montrer! Parce que pour l'heure, nous nous comportons vraiment comme la pire bande d'imbéciles possible.

    polution_mid.JPG

    Enfants jouant dans une rivière, Jakarta.


    Article piqué pour la bonne cause sur le blog de Végan

    http://vegane.hautetfort.com./



  • A propos de l'apathie humaine :





     


    La science a peut-être trouvé des traitements pour la plupart des maux, mais elle n'a trouvé aucun moyen de guérir le pire d'entre eux : l'apathie des êtres humains.
    hellen keller


  • Les animaux de la Guadeloupe

    Marie Galante, un paradis sur la mer des Caraïbes.

     

     

     

    Oui, mais...

    Les conditions de vie des animaux sont souvent difficiles.

    bad4.jpg

    Voici des décennies que chacun sait que la situation animale en Guadeloupe est déplorable. Ca ne peut plus durer.

    Il apparait urgent de poser le problème de la maltraitance animale et le respect des lois de notre République dans les départements d'Outre-Mer.

    Il est courant de « jeter » (c'est le mot utilisé ici pour dire « abandonner « ) son chien à la décharge ou dans la rue parce qu'il est devenu encombrant. Les chiots sont régulièrement « jetés » à la décharge, voire dans les poubelles.
    Une enquête, faite sur la totalité d'une commune, par la section SPA de Marie Galante à la demande de la Direction des Services Vétérinaires de Guadeloupe a montré que :
    - L'espérance de vie des chiens ayant un propriétaire est d'environ 2 ans
    - Plus de la moitié des chiens sont attachés et JAMAIS détachés avec une longueur de chaîne moyenne de 2,30 mètres. La plupart du temps, elles sont entortillées, ce qui ne laisse guère plus d'un mètre. Parmi ceux-ci 67 % sont attachés sans collier : tour de chaîne ou de corde.
    - Seulement 5% des chiens sont identifiés
    - 31% sont en mauvais état général (26% maigres, 5% squelettiques)
    Les propriétaires de 36% des chiens pourraient être poursuivis pour maltraitance grave (attachés, pas de collier, longueur de chaine, mauvais état)
    12 % cumulent au moins 4 infractions aux lois de protection animale
    24 % cumulent au moins 3 infractions aux lois de protection animale
    Le sort des autres animaux n'est guère plus enviable.
    Le modernisme, avec ses avantages et ses inconvénients (téléphones portables, soins médicaux, 4X4, internet et télévision par câble ou satellite) est arrivé dans ces îles comme ailleurs.
    Ce qui n'a toujours pas évolué, c'est la condition des animaux.
    Des mesures d'aide à la stérilisation ont déjà été prises grâce aux efforts financiers de la Région, du Département et des Vétérinaires locaux, mais aucune mesure n'a encore été prise en ce qui concerne la maltraitance.
    Nous demandons seulement que soit appliquée la loi française.

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    SPA Guadeloupe

    L'équipe SPA de Guadeloupe

    Depuis quelque temps, une équipe SPA s'est formée en Guadeloupe. En quelques mois, elle a pu, en récupérant des dons de particuliers (défiscalisés à 66%), faire stériliser plus d'une centaine de chiennes et fait adopter près de 200 chiens.

    L'équipe de Guadeloupe a déjà signé plusieurs conventions avec des mairies pour effectuer la stérilisation des chiennes des habitants de leurs communes.

    En partenariat avec la Région, Service Environnement, dans le cadre des projets "Mon archipel, Mon environnement", pour sensibiliser les enfants aux animaux,  des actions pédagogiques vont être mises en place dans les écoles .

    Evidemment, les bénévoles de Marie Galante et de Guadeloupe travaillent en étroite collaboration.

    Visitez le site de la SPA de Guadeloupe http://guadeloupe.spa.asso.fr

    http://marie-galante.spa.asso.fr/1026-nos-actions.htm

     

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    Les animaux d'élevage

    L'élevage, bien que particulier, représente une partie conséquente de l'agriculture locale.

    Le but de l'élevage des boeufs (qu'ils soient vaches, boeufs ou taureaux, tous sont appelés "boeufs") est la viande.

    Ce n'est pas pour autant qu'ils sont bien nourris et surtout abreuvés pour qu'ils grossissent rapidement.

    Héritage de l'époque où les terres n'appartenaient pas aux habitants, les boeufs sont attachés continuellement à la chaine avec un piquet qui est déplacé (en principe) chaque jour et ils broutent ce qui est à  leur portée. Peu d'éleveurs encore ont adopté le système de clôtures. L'eau est distribuée  au seau (en principe) une fois par jour.

    La majorité des bêtes est entretenue correctement même si au piquet, le soleil tape dur. Mais un certain nombre survivent (ou non) assez lamentablement.

    Il n'est pas rare, en période sèche que des animaux meurent de soif au bout de leur chaîne, pourtant il y a TOUJOURS de l'eau aux robinets des maisons.

    La plupart des propriétaires reçoivent une subvention.

    Tous les bovins ne sont pas identifiés (étiquette aux oreilles), ce qui est pourtant obligatoire.

    Les boeufs tirants

    Même si la plus grande partie de la canne à sucre est désormais transportée par camions ou tracteurs avec remorques, il existe encore des attelages de boeufs. Certes ces animaux travaillent mais sont souvent traités correctement.

    Mais il existe des concours de boeufs (en fait ce sont des taureaux) attelés au joug ont lieu réglièrement. Concours de labours, mais aussi de traction. Ce sont les boeufs tirants.

    Les coups de fouets, limités par le réglement à 12, pleuvent durant les concours (et sans limitation durant les entrainements !).

    Ils sont menés depuis la charette par des cordes reliées aux boucles mises dans les naseaux.

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    Nous aider

    Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues

    Si vous êtes à Marie Galante

    Notre équipe accueille toujours avec plaisir de nouveaux bénévoles. Il y a à faire pour tous les goûts et pour toutes les disponibilités:

    - transport des chiennes pour stérilisation chez le vétérinaire,

    - relations avec les propriétaires,

    - suivi sanitaire et nourriture de certains chiens,

    - héberger un chien ou un chat provisoirement, en attente d'adoption,

    - secrétariat, etc.

    Si vous vivez en Guadeloupe, vous pouvez rejoindre notre équipe locale

    http://guadeloupe.spa.asso.fr

    Si vous vivez en France métropolitaine

    Vous pouvez nous aider en devenant "relais" lorsque des chiens ou chats sont adoptés en dehors de l'île.

    Bien sûr, vous pouvez aussi nous faire des dons. Etant une association reconnue d'utilité publique, 66% du montant de votre don sera déductible de vos impôts.

    A bientôt

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  • FAQ À L'USAGE DES AFICIONADOS (1ère partie) DE JEAN PAUL RICHIER

     

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    Je tiens d'abord à préciser que ce travail est une œuvre collective : il n'a été possible que grâce aux nombreuses conversations qu'il m'a été donné d'avoir avec mes amis passionnés de corridas, qui aiment à se désigner du fier vocable d'aficionados.
    J'ai rédigé cette Foire Aux Questions pour leur éviter des efforts superflus, parce qu'un aficionado doit savoir réserver toute son énergie mentale pour son spectacle préféré.

     

    I : SAVOIR PARLER DE LA CORRIDA

    Ami aficionado, quelques excités zoophiles prétendent te faire la morale et tentent de te culpabiliser. Il faut donc bien avoir présent à l'esprit que la corrida est une activité noble et belle.


    1) Question : La corrida est-elle morale ?

    Réponse : La question ne se pose pas en ces termes, la corrida se situe au-delà du bien et du mal :

    a) La corrida , c'est le ballet sacré entre Eros et Thanatos.

    b) La corrida, c'est la métaphore conjuratoire de la condition humaine.

    c) La corrida , c'est l'affrontement rituel du dyonisiaque et de l'apollinien.

    d) La corrida, c'est la quête sublime du face à face sacrificiel.

    e) La corrida, c'est  la poursuite tragique entre humanité et animalité.

    f) La corrida, c'est la danse énigmatique avec la mort.

    g) La corrida, c'est la mise en abîme en champ clos du ...


    2) Q : Bon, euh, ça va peut-être aller comme ça...

    R : Attendez, j'en ai plein d'autres, figurez-vous que Simon Casas et André Viard ont mis au point un logiciel de génération automatique, vous cliquez sur un bouton et...


    3) Q : Ahem, vous me montrerez ça tout à l'heure... Mais que répondre aux ayatollahs de la défense animale qui prétendent que les aficionados éprouvent du plaisir à la souffrance du taureau ?

    R : C'est vraiment la preuve qu'ils n'y connaissent rien.

    a) Le taureau ne souffre pas, sinon il crierait, appellerait au secours et essaierait de s'enfuir en tambourinant à la porte du toril.

    b) Le taureau ne souffre pas, il est bien trop impliqué dans le combat pour y penser.

    c) Le taureau ne souffre pas, les taureaux de combat sont une race génétiquement modifiée pour ne pas avoir mal.

    d) Le taureau ne souffre pas, un chercheur de Madrid l'a prouvé scientifiquement, même que c'est une étude tellement révolutionnaire qu'elle est introuvable.

    e) De toute façon, hein, un gnou qui se fait bouffer tout cru par un groupe de lionnes, vous pensez qu'il a moins mal ?

    f) Et puis je me demande pourquoi je vous réponds, parce que c'est vraiment pas dans la souffrance du taureau que je trouve le moindre plaisir.


    4) Q : Mais alors, d'où vient notre passion ?

    R : Aaah, mais entre le taureau et l'homme, c'est une longue histoire !

    a) La chasse à l'aurochs est documentée dès le paléolithique supérieur dans des sites comme Lascaux ou Altamira.

    b) Les jeux taurins sont établis depuis la Haute Antiquité, comme dans la  Crète minoenne.

    c) Les mythologies abondent de figures taurines humanisées, la plus célèbre étant le Minotaure.

    d) Les religions regorgent de figures taurines humanisées, comme l'Apis égyptien, et de sacrifices de taureaux comme les bouphonies athéniennes ou bien sûr le culte de Mithra, sans même parler des...


    5) Q : Euh, oui, les bovidés ont été domestiqués il y a au moins 8000 ans, ça crée des liens anthropologiques, d'accord, mais quel rapport avec la corrida, vous demanderont les fanatiques zoolâtres ?

    R : Pfou, la fonction sacrificielle est à la base de la cohésion d'une société, cher ami. Avez-vous lu "La Violence et le Sacré?" Mmhh ?...


    6) Q : Vi, je connais la théorie du bouc émissaire de René Girard, on retourne la violence sur un bouc émissaire arbitraire pour en préserver le corps social, mais les talibans bovinophiles mettront en doute que des sacrifices de taureaux puissent assumer une fonction anthropologique quelconque dans les sociétés post-industrielles du XXIème siècle.

    R : Prétendront-ils qu'il vaut mieux s'en prendre aux hommes qu'aux animaux ?


    7) Q : Ils risquent de remarquer que la corrida n'a guère permis à l'Espagne, son berceau, d'échapper aux violences inter-humaines.

    R : Ahem... Euh, et est ce que le nom de Michel Leiris, le fameux ethnologue-écrivain, vous dit quelque chose, cher ami ?


    8) Q : Vi , j'ai lu "Miroir de la Tauromachie". Et vous ?

    R : Ahem... Question suivante ?


    9) Q : Alors, cet enracinement de la corrida dans la culture ?

    R : Oui, eh bien figurez-vous que la France est attachée à cette tradition, et dans un monde et une époque où on voudrait tous nous couler dans le même moule jacobino-parisien, euro-aseptisé et américano-macdonaldisé, eh bien moi je prétends qu'une identité ça se défend, Môssieur !


    10) Q : Quand vous dites "la France", les zélateurs de la bien-pensance vont vous rappeler que seuls 11 départements du sud bénéficient de la dérogation qui leur donne le droit d'organiser des corridas. Et qu'en revanche au moins les trois-quarts des Français sont défavorables à la corrida selon les études d'opinions.

    R : Et alors, l'identité locale, c'est de la merde ? Vous voulez faire de l'épuration ethnique ?


    11) Q : Les dévôts du politiquement correct vous accuseront de communautarisme et remettront en cause la légitimité d'une tradition lorsque celle-ci  fait l'objet d'une condamnation morale de la part de majorité des citoyens.

    R : Mais ils veulent quoi, un monde de clones, régi par une stérile rationalité instrumentale et décoré d'un sentimentalisme moralisateur stéréotypé ?


    12) Q : Donc, enchaîneront les sectateurs de la pensée unique, vous voulez laisser toute liberté, dans ce même esprit dérogatoire, à ceux qui sont attachés à l'excision chez la femme ?

    R : En voilà des comparaisons ! Nous, nous sommes là depuis des siècles, figurez-vous !


    13) Q : A propos, rebondiront les coupeurs de cheveux en quatre, on peut rappeler au passage que la corrida espagnole, qui ferait partie du patrimoine culturel de certains départements français, n'a été véritablement importée d'Espagne qu'au cours de la seconde moitié du XIXème siècle.

    R : Eh bien en tout cas ça fait un siècle et demi, voilà, c'est de la merde un siècle et demi ?


    14) Q : Loin de moi cette idée. Mais les donneurs de leçons ne manqueront pas de pointer que même en Espagne, terre nourricière de la corrida, les enquêtes d'opinions montrent que seul un quart des citoyens continuent à y porter de l'intérêt, et qu'une majorité y est opposée. Et que la corrida est carrément en train de disparaître en Catalogne, la 2ème région d'Espagne en terme de population, où la tradition tauromachique remonte pourtant à bien plus longtemps qu'en France.

    R : Et ils applaudissent ? Est-ce qu'ils se rendent compte des drames humains ? Pensent-ils que ce soit par hasard que la préoccupation première des Français soit l'emploi ? Se rendent-ils compte des répercussions économiques dans les ganaderias, les empresas, et dans toutes les communes qui organisent des temporadas, les saisons des férias ?


    15) Q : Vous ne mesurez pas leur mauvaise foi, ils demanderont si, lorsque la France a décidé dans les années 90 de cesser la production de mines antipersonnel, il aurait fallu mettre en balance les problèmes d'emploi afférents ! Ils demanderont ingénument si les professionnels du mundillo, notre cher monde de la corrida, sont stupides au point qu'ils ne sauraient pas rebondir en mettant leur dynamisme au service d'autres activités ?

    R : Euh, évidemment, ça ne poserait aucun problème, pour qui nous prennent-ils ! Mais ce qu'ils semblent oublier, c'est que sans les aficionados, la race des taureaux de combat, des "toros de lidia" disparaîtrait !!!


    16) Q : Eventuellement. Et alors ?

    R : Comment ça "et alors ?"

    Q: Oui, C'est ce que risque de vous répondre le microcosme moralisateur, supposons que la race des toros bravos, qui a été sélectionnée par l'homme, vienne à disparaître ?

    R : Mais avec quoi ferions nous nos corridas ? Vous savez, on les prend à l'âge de 4 ou 5 ans, pas la peine de les nourrir plus longtemps, ils sont à point, ils ont été génétiquement sélectionnés pour démarrer au quart de tour quand on agite un leurre, et surtout pour foncer droit sur le leurre sans dévier, comme ça les toreros sont à l'abri du danger. Et vous voudriez nous priver de cette belle race ?


    17) Q : Loin de moi cette pensée, je sais que j'ai affaire à de vrais écologistes. Mais tout ça ne nous dit toujours pas d'où nous vient la passion pour la corrida ?

    R : Aaah, mais c'est la beauté, pardi ! Les anti-corrida ne comprennent pas l'aspect esthétique. L'ambiance de l'arène, l'éclat du soleil sur le ruedo, la noire brutalité du fauve, l'or des costumes, la poignante stridence du paso doble, le ballet vertigineux de la faena...

    Et attention, hein, y a du beau monde qu'a immortalisé la chose ! Picasso, Garcia Lorca, Mérimée, Gautier, Dumas, Montherlant,...


    18) Q : ... Hemingway, Cocteau, Lacouture, Blondin, vi vi. Et si nos âmes sensibles vous répondent que Victor Hugo, Emile Zola, Romain Gary ou Marguerite Yourcenar étaient contre la corrida, mais n'allaient évidemment pas perdre du temps à noircir des pages sur le sujet ? Et si elles vous répondent, en prenant l'exemple de Céline, qu'on peut être un écrivain de génie sans que ça donne pour autant de la légitimité à ses opinions ?

    R : Pfff... En tout cas y a un truc où les anti-corrida ne peuvent pas nous embrouiller, c'est la technique. Parce que si on ne comprend pas ce qui se passe, évidemment on est incapable d'apprécier.

    a) Comment apprécier une corrida si on ne sait pas évaluer le trapio d'un toro lors des passes de cape ?

    b) Comment apprécier une corrida si on ne connaît pas la fonction du tercio de pique ?

    c) Comment apprécier une corrida si on est incapable de répérer la querencia du toro dans le ruedo ?


    19) Q : Mais si vous tombez sur des anti-corrida qui déclarent connaître tout ça, et qui persistent à prétendre que ce qui fait jouir les aficionados, c'est le spectacle de la violence, des blessures et de la souffrance ?

    R : Alors ça c'est la meilleure ! Notre éthique est avant tout basée sur le respect de l'animal !

    a) Vaut-il mieux vivre confiné dans des élevages industriels ou libre et au grand air dans les ganaderias ?

    b) Vaut-il mieux être traité comme du bétail ou comme un individu ?

    c) Vaut-il mieux finir dans un abattoir ou mourir dans la noblesse et la dignité ? On nous reproche de ne pas respecter la vie, mais nous, nous allons au-delà, nous respectons la mort !


    20) Q : Vous connaissez la mauvaise foi des monomaniaques de l'antispécisme, ils serinent que la corrida symbolise le droit que s'arroge l'homme de disposer de tout animal sur le seul critère de son bon plaisir ?

    R : Ah, mais la corrida est un combat entre l'homme et le fauve !


    21) Q : Les intégristes du droit des animaux vont prétendre que vous vous gargarisez avec le mot "combat", mais qu'au mieux vous ne pouvez que brandir les exceptions qui confirment la règle : la poignée de matadors morts dans l'arène ce dernier demi-siècle, ou la poignée de toros graciés chaque année pour leur "bravoure".

    R : De toute façon, ils n'y connaissent rien et ils n'y comprennent rien. C'est bien pour ça que je ne perds pas mon temps à parler avec eux.


    22) Q : Donc les critiques des opposants à la corrida n'ont pas lieu d'être ?

    R : Attention, hein, on n'a pas attendu les jérémiades du lobby animalier pour veiller à l'éthique des corridas. Moi, Môssieur, je dénonce de longue date :

    a) Le laxisme dans les critères de sélection et la dégénérescence de la race des toros bravos.

    b) Les tricheries sur l'âge des bêtes, l'afeitado, l'administration de drogues avant le combat.

    c) Les toreros incompétents ou démagogues, qui ne maîtrisent pas leur art.

    d) La multiplication des corridas spectacles purement commerciales, organisées à la hâte par des affairistes et comptant sur des publics de plus en plus ignares.

    Alors, on n'est pas éthique, hein ? Et toc !



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    II : CONNAITRE LES ANTI-corrida


    Ami aficionado, certains excités zoophiles affirment que de nos jours et dans nos contrées la corrida n'a d'autres justifications que le plaisir sadique de quelques uns.

    Ce sont les anti-corrida. Apprends donc à les connaître :

    1) Question : Qu'est-ce qu'un anti-corrida

    Réponse : C'est un mec qui ne comprend rien et qui ne comprendra jamais rien. C'est :

    a) Un mec des villes, un promeneur du dimanche, un gars qui voit les choses de son salon.

    b) Un techno-sbire de Bruxelles, un écolocrate pondeur de règlements, un eurofonctionnaire pour qui la rationalité instrumentale est la valeur étalon des sociétés modernes.

    c) Une belle âme qui confond éthique et sensiblerie et qui biberonne à la moraline pour se donner bonne conscience.

    d) Un ayatollah dogmatique, un taliban inapte au dialogue, un extrémiste agressif, un intégriste intolérant, un terroriste intellectuel.


    2) Q : L'opinion des anti-corrida est-elle légitime ?

    R : Evidemment pas, il ne savent même pas ce qu'est une corrida

    a) Y savent même pô la différence entre une corrida et une novillada.

    b) Y savent même pô reconnaître un toro de Barcial d'un toro de Victorino Martín.

    c) Y savent même pô distinguer une naturelle et un derechazo.

    d) Y savent même pô discerner une estocade al volapié et une estocade al encuentro.


    3) Q : Alors pourquoi ne pas les laisser dire ?

    R : Tutt tutt, mais ce sont des énergumènes qui mettent en danger les racines de la morale parce que ce sont fondamentalement des anti-humanistes.

    a) Ils mettent l'animal sur le même plan que l'homme, voire au-dessus de l'homme.

    b) Ils haïssent fondamentalement l'homme et tout ce que fait l'homme, ils méprisent la civilisation, la culture, les traditions.

    c) Hitler était opposé à la corrida, à chacun d'en tirer ses conclusions...


    4) Q : Qu'est ce qui motive les anti-corrida à s'acharner sur nous ?

    R : Ce sont des pervers qui préfèrent les animaux aux hommes. La preuve, s'ils ont de l'énergie à perdre :

    a) Pourquoi ne la consacrent-ils pas à lutter contre la pauvreté ?

    b) Pourquoi ne la consacrent-ils pas à lutter contre la faim dans le monde ?

    c) Pourquoi ne la consacrent-ils pas à lutter contre la prostitution enfantine ?


    5) Q : Les anti-corrida sont-ils méchants ?

    R : Pire que ça, ce sont des dangers publics :

    a) C'est qui qui nous envoie des menaces de mort, hein ?

    b) C'est qui qui nous expédie des lettres piégées au rasoir, hein ?

    c) C'est qui qui balance des cocktails Molotov et des coups de fusil sur nos maisons, hein ?

    Q : Mais les anti-corridas se targuent d'avoir condamné unanimement et sans ambiguité ces actes, et pointent qu'ils sont isolés.

    R : Voilà ! Ce qui prouve que ce sont avant tout des lâches.


    6) Q : En définitive, les anti-corrida sont-ils des gens normaux ?

    R : Ce sont des véritables malades, et leurs motivations sont claires:

    a) Ce sont des caractériels qui épanchent leur fiel à bon compte sur des braves gens pacifiques.

    b Ce sont des frustrés qui se donnent de l'importance en déclenchant des polémiques creuses.

    c) Ce sont des désoeuvrés qui cultivent la démagogie anti-tout pour saper les fondements de la civilisation.

    d) Ce sont des jaloux pathologiques qui ne peuvent s'empêcher de déverser des torrents d'injures sur ceux qui ont trouvé un sens à leur vie.

    e) Ce sont des hystériques, des illuminés, des paranoïaques, des névropathes, des délirants, des refoulés sexuels.


    7) Q : Comment le savez-vous ?

    R : Simple: avez-vous seulement essayé d'argumenter avec eux ?

    Q : Non, et vous ?

    R : Attendez, vous voudriez que je discute avec des malades ?


    8) Q : Les anti-corrida représentent-ils un véritable courant croissant de l'opinion ?

    R : Alors là, ça me fait bien rigoler :

    a) C'est une toute petite minorité qui remue beaucoup de vent.

    b) Les sondages qui voudraient nous faire croire que la majorité des Français sont contre la corrida, eh ben c'est intox et compagnie, la preuve moi je ne connais que des aficionados.

    c) De toute façon, ceux qui sont contre la corrida sont ceux qui n'y connaissent rien et n'y comprennent rien.



    SUITE DE LA FAQ (cliquer)

     

  • BUTTER LES BLAIREAUX JUSQUE DANS LEURS CHIOTTES!*

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    Comme l’on sait peut-être, il y a blaireau et blaireau. Ne pas confondre notre prodigieux animal - un assez bon imitateur de l’ours, non ? - et ces innombrables imbéciles, vulgaires et souvent méchants, qui hantent les chemins du paradis. L’argot, que je vénère pourtant, a donné aux sombres connards le nom même du croqueur de lombrics et d’escargots. Bah, il faut bien s’en accommoder. En revanche, rien ne nous oblige à supporter l’arrêté que vient de m’envoyer Joelle, et qui me foudroie sur place. Je résume : le préfet de la Côte d’Or vient de faire un cadeau insupportable aux chasseurs du département. Lesquels ont le droit depuis le 4 mars, et jusqu’au troisième dimanche de septembre, de buter autant de blaireaux qu’ils le pourront dans une vaste zone du département incluant dix cantons, dont Pouilly-en-Auxois.

    Quelle est la raison de cet arrêté ? Excellente. Il s’agit de limiter la propagation de la tuberculose bovine, dont les blaireaux seraient les vecteurs. Je ne me suis pas transformé en médecin-chef vétérinaire, pas encore, mais je peux en préambule vous dire une chose simple, m’appuyant sur un savoir reconnu. Ce qui suit est extrait d’un article indiscuté paru dans la revue Epidémiologie et santé animale (50, 127-143) en 2006, sous la signature de quatre spécialistes de l’Afssa et de l’École nationale vétérinaire d’Alfort. Voici : « Le plan de lutte collective contre la tuberculose bovine, véritablement commencée en 1954 après une phase infructueuse de prophylaxie libre et individuelle à partir de 1933, a abouti en 2001 à la reconnaissance de l’état indemne de la France par l’Union européenne : d’un taux d’environ 25 à 30% des élevages infectés au début, notre pays est passé à quelques (petites) dizaines de foyers résiduels aujourd’hui. Le succès est incontestable ».

    Il est possible que le préfet de la Côte d’Or dispose d’autres informations, mais ce serait alors le moment de les rendre publiques, car pour les blaireaux - les beaux, les vrais -, le temps est désormais précieux. 2 000 auraient déjà été massacrés dans le cadre de ce qu’il faut bien appeler un plan d’éradication. Laissons de côté, par commodité, le débat sur la tuberculose bovine, que je ne saurais d’ailleurs mener sérieusement. Laissons, et concentrons-nous sur l’arrêté-scélérat. Oui, il y a des lois scélérates et des arrêtés-scélérats. Celui-là restera. Il restera, car sous couvert de prophylaxie, comme si souvent par le passé, il exprime à mes yeux une haine profonde de l’animal. Vous jugerez par vous-même, car j’ai placé l’intégralité de l’arrêté dans la partie Commentaires, où vous pourrez le lire.

    Je n’ai pas le temps d’un traité, mais les considérants sont bel et bien de nature fantastique. Son auteur - gloire, gloire ! - ne sait pas très bien ce qu’il doit avancer. Le tout est d’une confusion rare. On ne sait pas si l’on veut parler de dépistage - évoqué pour les sangliers et les cerfs - ou d’abattage, ce qui n’est pas tout à fait la même chose lorsqu’on est un blaireau de la Côte d’Or. On ne donne presque aucun chiffre précis, qui aurait permis d’avoir une idée sur l’éventuelle progression d’une éventuelle épidémie. Exemple : combien de cas de tuberculose bovine depuis 2002 ? Mystère. Exemple : combien de cas de tuberculose découverts dans la faune sauvage depuis 2002 ? Mystère. Malgré l’absence de toute mise en perspective, il apparaît pourtant indispensable de « prévenir la circulation de la tuberculose au sein de la population animale sauvage ». Et l’on termine en beauté par une vulgaire pétition de foi qui ne se peut déduire, logiquement, de ce qui précède : « Pour arriver à prévenir cette circulation, il convient de diminuer les populations de blaireaux ».

    Roule ma poule, et prépare mon bazooka. Par un simple assemblage de phrases disjointes, comme le seraient les planches d’un meuble de guingois, une autorité administrative donne ainsi le droit de tuer des êtres vivants par milliers. Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais moi, je place très bas la signature d’un haut-fonctionnaire, capable de toutes les contorsions, de toutes les manipulations, même pis. Je préfère ne pas y insister. Quoi qu’il en soit, la fédération de chasse du département est donc à la noce depuis le 4 mars, et pour elle, rien de trop beau. Fromage et dessert. Carnage et fun. Mais voyons ensemble.

    D’abord le ton, militaire et glacial : « Des opérations d’élimination de blaireaux sont ordonnées ». Ou encore : « Les animaux prélevés seront placés dans des sacs étiquetés et numérotés ». Ensuite, les armes. En dehors des missiles Exocet, je ne vois guère ce qui serait oublié. On a le droit, outre les barbares techniques de déterrage jusqu’au fond du terrier de la bête, d’utiliser des colliers à arrêtoir - « y compris en gueule de terrier » - que l’on placera dans les coulées où se faufile le blaireau. Les tirs de nuit, « y compris avec des sources lumineuses », sont aimablement offerts pour le même prix. Enfin, la rédaction follement laxiste dans la forme est comme un message subliminal adressé aux tueurs.

    On n’est pas obligé de me suivre, mais je juge ce dernier point évident. On entend que les chasseurs tuent en masse, se défoulent et soient heureux de réduire en pâtée d’admirables animaux qui ne demandaient qu’à vivre. Je ne prendrai que deux derniers exemples. Le premier, qui vaut son pesant de cynisme : « Ces opérations devront prioritairement être mises en œuvre à proximité des parcelles où pâturent les bovins des cheptels infectés par la tuberculose bovine et des zones où ont été détectés des sangliers reconnus infectés par l’agent de cette maladie ». Vous remarquerez par vous-même le sens véritable de cette phrase. Pour la frime, on prétend donner une « priorité » à quelques parcelles, mais chacun sait, le rédacteur du texte en premier, que ce ne sera que mise en bouche meurtrière. Quand la lourde colonne des 4X4 et des bedaines sera lancée, elle poursuivra son chemin jusqu’au bout.

    D’ailleurs, faut-il continuer d’argumenter ? Lisez avec moi ce laisser-passer, ce laisser-tuer en bonne et due forme : « La déclaration de piégeage en mairie ainsi que le compte rendu annuel des prises ne sont pas nécessaires ». Un seul mot d’ordre, car c’est en effet un ordre : mort au blaireau. On voudrait habiter ailleurs, avec d’autres que ceux-là.

    (*) En 1999, Vladimir Poutine déclarait qu’il fallait « buter les Tchétchènes jusque dans les chiottes »